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Les meilleurs sorties de la semaine avec Jacques, Agoria, Basile Di Manski et Daymark

Qu’est-ce qu’on a écouté cette semaine ? Récap’ d’une semaine riche en sons français comme étrangers en partenariat avec La Music Tranquille.

Nom d’un petit bonhomme, quelle semaine de folie. C’est de notoriété publique, les releases se bousculent au portillon à la mi-juin. En moins de temps pour dire ouf, on s’est baladés entre la collab’ surprise de Jacques et Agoria sur l’EP « Visit », la techno pop de Daymark, le R’n’B mutant de Basile Di Manski, la pop indie de Polar System, les envolées breakées de Clovis XIV. Et en dehors de la France mélomane que s’est-il passé ? Beaucoup, beaucoup de choses.

On prend un direct pour New-York et l’électro chamanique de Behsken, le chef d’œuvre futuro-disco du torontois The Kount, et les expérimentations post-industrielles du duo anglais Plaid. En bonus, deux mégas compils pour ceux qui ont la dalle : une sélection underground du label Timetable, et les envolées cosmiques du double EP de Mark du Mosch et Eliott Litrowski sur Cracki Records. De quoi passer un beau dimanche avec La Music Tranquille qui a co-réalisé la sélecta.

Jacques & Agoria – « Visit » [Sapiens Records]

Notre coup de cœur : Jardin

Après avoir sorti un EP avec Superpoze, Jacques se remet du vol de son matériel en 2017 qui l’avait poussé à repartir de zéro (plus de concerts, plus de projets solo). Résultat : une nouvelle collab’ détonnante avec Agoria où il a retravaillé en studio des morceaux composés en live. En somme, la science de la techno d’Agoria combinée aux improvisations de Jacques.

Daymark – « Phare » [Colligence Records]

Notre coup de cœur : Reaching
Release Party // le 25 juin aux Étoiles

Après avoir trusté nos colonnes avec des clips de toute beauté, Daymark croise des sonorités denses avec une identité rêveuse dans leur EP « Phare ». Morceau après morceau, de chants lointains en synthés prenants, le maxi invoque un visuel cinématographique par des mélodies subtiles, quelque part entre Mars et Vénus. Rarement la mélopée des aliens n’aura été aussi belle.

The Kount – « Virtually Yours » [Memory Bank]

Notre coup de cœur : Yesterday’s Gain

Le beatmaker Koal Harrison connu sous le nom de The Kount sort un album délicieusement chill, parsemé ici et là d’un saxophone jazzy, d’une réminiscence disco, ou d’influences plus future beat. Le producteur nous promène avec volupté sur 9 tracks d’une énergie breakée irréelle, teintée de la douceur chaloupée des instrumentaux. Un classique totalement oublié de la presse spécialisée et du public. Mais que fait la police ?

Basile di Manski – « Transworld » [Pain Surprises]

Notre coup de cœur : Activate Chaman Mode

Voilà un album qu’on attendait de pied ferme. Le dandy trentenaire nous avait séché avec ses trois premiers EPs « 1988 », « In Camera » et « Personal Point Break », le voici de retour dans un sound design résolument R’n’B. Beaucoup d’auto-tune vaporeuse, de patterns syncopés, et de mélodies plaintives. Une production gonflée à bloc qui nous rappelle le Club Cheval des belles années, ou le taff de Surkin sur son projet Genera8ion. Un album à savourer tout l’été dans son gros Hummer électrique – car oui, Basile di Manski est un artiste écolo décalé.

Polar System – « Polar System » [Riptide Records]

Notre coup de cœur : Give Me The Day
Release Party // le 25 juin aux Étoiles

Produit par John Davis (U2, The Killers), Polar System joue dans la cour du rock alternatif avec des tonalités qui ne sont pas rappeler The XX. Composé de Marius Corthay à la guitare et Lili Barletta au clavier, le tandem d’auteurs-compositeurs mêlent leurs voix au milieu de sonorités rétro. On ne peut que recommander de filer à leur live du 25 juin, qui agrémenté de la scénographie du collectif Nymphe et la projection des vidéos glitchées de Kaspar Ravel, prend une toute autre dimension. La nuit tombée, l’évasion devient complète.

Mark du Mosch & Eliott Litrowski – « Vâhana #02 » [Cracki Records]

Notre coup de cœur : Peace Zone

Cracki Records nous dévoile un double EP aux accents rétro. D’un côté, le DJ et producteur Eliott Litrowski inspiré par l’italo-disco nous glisse trois tracks mystiques et contrastés. De l’autre, le néerlandais Mark du Mosch cravache une techno tantôt vénère, tantôt lumineuse, parfaitement taillée pour un open air.

Beshken – « Aisle of Palm » [29 Speedway]

Notre coup de cœur : Know Your Name

Le producteur et multi-instrumentiste Beshken révèle un album introspectif sur son label 29 Speedway. D’une pureté dansante, l’artiste « explore le bonheur fou, la vitalité, et les angoisses engendrés par des états de transition entre le réel et le rêve ». Tiré de ses expériences de paralysie du sommeil, les 11 tracks subliment des voix et des sons mécaniques étranges qui recréent la sensation de l’entre-deux.

Various Artists – Compilation « Timetable Vol. 2 » [Timetable]

Notre coup de cœur : Nosaj Thing – Shower

Basé à Los Angeles, le label Timetable fondé par le producteur Nosaj Thing (Chance The Rapper, Kendrick Lamar, Kid Cudi) nous offre 10 tracks dont l’écurie a le secret. La nouvelle compilation incarne l’esprit exigeant et immersif de la maison underground en alignant les morceaux de Whoarei, Holodec, D Tiberio, 4thsex, Gerry Read… Chaque artiste amène son propre univers dans un fin mélange entre beats hip-hop, ambiances éthérées, et structures futuristes.

Plaid – Polymer [Warp Records]

Notre coup de cœur : Ops

Dixième album studio du duo anglais Plaid, « Polymer » façonne une identité onirique à partir d’un matériau industriel parsemé de bizarreries sonores. On a l’impression de pénétrer le cerveau d’un robot, remontant les fils tortueux qui lui font office de nerfs, jusqu’au disque central où se déclenche un drop saccadé. Petit bijou d’expérimentation, le disque joue de nos sensations pour nous amener dans leur trip sensitif.

Clovis XIV – Chronology Bizarre [About to Shine]

Notre coup de cœur : Maniacs

Batteur de formation, le versaillais revient en France après avoir composé à Los Angeles un premier EP remarqué. En quatre titres dansants, le comeback de « Chronology Bizarre » jongle entre des influences hip-hop et une house nineties. Avec une casquette en guise de couronne, Clovis XIV donne à la home-prod’ ses lettres de noblesse.