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5 sorties à ne pas louper cette semaine : Parcels, Pacific Shore, Ben Lukas Boysen…

Tu commences à connaître la rengaine : quelles sorties il ne fallait pas louper cette semaine ? Il n’y a pas de confinement qui vaille pour Parcels, Faux Real, Pacific Shore, Ben Lukas Boysen et le roster femme culture. Alors qu’on s’approche doucement mais sûrement du retour à la liberté, il est temps de voyager sans restrictions.

Parcels – Live Vol. 1 (LP)
Notre morceau préféré : « IknowhowIfeel – from Hansa Studios »

Originaire d’Australie, basé à Berlin, signé sur le label franco-japonais Kitsuné Musique, le quintet Parcels réunit autant de nationalités que d’arguments pour séduire la planète. Les multi-instrumentistes surdoués rassemblent dix-huit de leurs tubes dans ce nouvel album, enregistré dans des conditions live aux mythiques studios Hansa à Berlin. C’est entre ces murs calfeutrés que David Bowie et Iggy Pop se sont notamment illustrés. Sur ce disque bien nommé Live Vol. 1, on retrouve leurs hits Gamesofluck, Lightenup et Overnight, mais aussi des expérimentations inédites de haut vol. Leur objectif ? Faire bouger nos petits corps à domicile, faute de pouvoir aller en concert. Avec une captation vidéo de plus d’une heure, le réalisateur Carmen Crommelin s’est immiscé dans l’intimité du groupe, nous donnant l’occasion de regarder l’histoire s’écrire en studio, entre deux riffs de guitare et une gorgée de bière.

Faux Real – Faux Real (EP)
Notre morceau préféré : « Kindred Spirit »

Coproduit par Jay Watson (Tame Impala, Pond), l’EP des frangins franco-américains Elliott et Virgile Arndt plonge à deux pieds dans un underground savamment pop. Faux Real a tout d’un cocktail faussement définissable, vraiment surréaliste, et essentiellement réussi dans une explosion de saveurs post-punk, glam rock et R&B. De transitions vintage en textures élégantes, nos oreilles se délectent du groove psychédélique de Kindred Spirit, du beat frénétique de Second Sweat ou encore de la ballade traînante de Come Thru. Face à cette composition fait-maison, on se dit qu’il y a un peu d’absinthe pour la folie qui imprègne chacune de leurs paroles, évoquant par exemple la fraternité sous le prisme des forces de la nature dans Kindred Spirit. La « final touch » des frangins barrés ? Leur culte du mystère, avec l’annonce de concerts à la dernière minute qui ont contribué à asseoir leur réputation. On ne sait pas trop ce qu’on déguste, mais on se laisse envahir par cette douce sensation de WTF acidulé.

Pacific Shore – Two Kingdoms (LP)
Notre morceau préféré : « Home »

Dès les premières notes de synthés, on sait qu’on trouvera notre compte avec l’album Two Kingdoms de Pacific Shore. Le duo nous entraîne dans un trip rêveur où l’on respire à pleins poumons le meilleur de la scène alternative californienne, et où l’on bondit à pieds joints dans des expérimentations électroniques matinées de trip-hop. Subtil, progressif et apaisant, ce digne successeur de Wild Times (2017) se nappe du chant doucereux de Sarah Linhares sur de nombreux titres, parmi lesquels Knees Wet, Overboard et Borders. Le charme du disque opère au long cours des dix-sept morceaux, ponctués de petites surprises dont le featuring de Majin Blobfish sur Light & Shade, et la participation d’une voix du groupe sur le sublime Home. Divisé en deux parties, comme l’indique son titre Two Kingdoms, il nous tarde de reprendre la route vers ce beau royaume électronique.

Ben Lukas Boysen – Mirage (LP)
Notre morceau préféré : « Clarion »

Sorti sur l’emblématique label Erased Tapes (Nils Frahm, Ólafur Arnalds), le troisième album du producteur berlinois Ben Lukas Boysen était sacrément attendu après le double coup d’éclat de Spells en 2016 et Gravity en 2013. Avec de nombreux guests à ses côtés, le féru de machines rassemble son entourage sur un disque audacieux :  le saxophone enivrant de Daniel Thorne sur Medela, la violoncelliste et compositrice Anne Müller sur le même track, la voix de Lisa Morgenstern démultipliée à l’infini sur Empyrean. Mais ces featurings sont invisibles à celui qui ne regarde par les crédits de l’album ou qui ne tend pas obstinément l’oreille, car ces contributions sont fondues dans un ADN continu et entier. L’humain disparaît sous une batterie d’effets modulés et superposés, où seule l’œuvre sort gagnante et grandie dans un monument d’électro immersif. De Mirage à miracle, il n’y a que quelques lettres atteintes en quelques notes.

HeForShe x femme culture – Vol. 3 (Compilation)
Notre morceau préféré : « Kassian – Ask Yourself »

Pour la troisième année consécutive, le label londonien femme culture s’associe à l’organisation UN Women UK (la branche anglaise de l’ONU Femmes) pour la compilation HeForShe. Alors que se tenait La Journée Mondiale de la Visibilité Lesbienne le 26 avril, et que la situation sanitaire isole de plus en plus les femmes face aux violences domestiques,  les dons provenant des ventes de la compile serviront à faire entendre les besoins des femmes dans la réponse mondiale face au COVID-19. Côté tracklist, on oscille entre house music et techno avec pléthore de guests : DJ Boring, Kassian, Elkka, Nikita Zabelin ou encore Jas Shaw (Simian Mobile Disco). Une belle initiative avec son lot de têtes d’affiches plus ou moins reconnues qui s’alignent ici pour la bonne cause.