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S’en sortir sans sortir #33 : Charlotte Fever, duo de synth-pop tropicool

Écouter le premier EP luxuriant de Charlotte Fever, c’est se laisser bercer par des vagues lascives de synth-pop. Suivre Charlotte Fever, c’est s’envoler pour l’Amérique Centrale dans un documentaire retraçant leur tournée de septembre dernier. Ils sont deux, ils sont drôles et ils nous donnent la fièvre des tropiques. Ce virus est sans risques, il défie la morosité du climat parisien.

Marin : Hello Les Charlotte Fever. Où êtes-vous confinés ? Ça se passe comment pour vous ?

Cassie : On est chacun confiné chez nous et on vit ça plutôt bien. De mon côté, je me suis constituée un petit programme quotidien bien rythmé oscillant entre sport et musique, qu’Alex interrompt de temps à autre pour me raconter les engueulades de ses voisins. C’est plutôt cool. Pour ne rien te cacher de notre exaltant quotidien (on a du temps hein), je laisse la parole à Alex parce que c’est terriblement fascinant.

Alex : Tout se passe tranquillou, sauf que comme je donne sur cour, je suis aux premières loges des engueulades entre mes voisins et c’est vraiment très drôle. Aujourd’hui, en voulant arroser ses plantes, ma voisine du dessus a arrosé les pieds du voisin du dessous qui essayait de bronzer à sa fenêtre. Ça a créé un gros drame d’une demi-heure (insultes hyper violentes, menaces, la totale) et ça m’a beaucoup diverti.

M. À part guetter les engueulades des voisins, quelle est votre routine de quarantaine ?

Cassie : WOW, mais tu veux vraiment tout savoir en fait (rires). On est un peu sur des rythmes différents en réalité, moi je me lève tôt pour boire mon jus de citron et faire une heure de sport, avant de vérifier sur le drive si Alex a avancé sur l’une de nos superbes compos en cours. Je dis « si » mais c’est le cas tous les jours, du coup je vais la compléter avec d’autres idées de mélodies, d’instrus ou de voix à ajouter. Ensuite, je me suis fixé comme objectif de de mettre à profit cette hibernation forcée pour peaufiner mon piano et c’est un grand succès. Et puis en parallèle de tout ça, on planche sur quelques featurings entre artistes confinés et on a surtout fait pas mal de lives à distance, qui sont tout de même une sacrée organisation quand on est à 4 km l’un de l’autre… Au final les journées passent beaucoup trop vite.

Alex : De mon côté, en plus des projets en cours je fais beaucoup de nouvelles compos et d’impros. Sinon, je cuisine pardi ! Je me suis confiné avec mes bibles (In Cucina d’Alba Pezone et la chaîne Youtube du chef Luca Pappagallo, qui a une super moustache et ne lésine surtout pas sur l’huile d’olive) et je teste un nouveau plat Big Mammaesque chaque jour. Bon et aussi, je regarde tous les films de ma watchlist et je joue à la Switch.

Cassie : Oui s’il y a un truc sur lequel on est bien en phase c’est la Switch, je me suis achetée la mienne exprès pour le confinement donc on essaie d’être très disciplinés et d’y jouer tous les jours. Et puis avec Kevin Blain on est à fond sur la partie 3 de notre film de tournée en Amérique Centrale… Dont vous avez assurément déjà vu l’épisode 1, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

M. Après une partie de Switch, vous nous conseillez quel film ?

C. Eh bien justement, malgré ces journées chargées, j’ai découvert pas mal de films depuis le début du confinement. Je retiens surtout Knives Out, qui saura assurément plaire à tous les fans d’Hercule Poirot (dont je fais partie). La photographie est magnifique et j’adore le casting. Bon et vu qu’avec cette abondance quotidienne de mauvaises nouvelles c’est quand même important de se détendre un peu, je me dois de prescrire tous les Miyazaki !

A. Perso, j’adore me fixer des thématiques. Maintenant que j’ai fini ma phase « films coréens », je suis dans une période « films d’extraterrestres ». Du coup je me suis (re)refait Rencontres du troisième type et je confirme : c’est vraiment très bien. La BO est incroyable et la réal… Oh jeez, une pure merveille.

M. Comment ça se passe côté musique ?

A. Toujours sur ma lancée « extraterrestres », j’écoute beaucoup l’album Magic Fly du groupe Space ces derniers temps. Disco-électro-déglingo des années 70 : tout ce qu’on aime.

C. Shame on me, moi je ne suis pas du genre à binger des albums et je suis plutôt adepte de l’aléatoire… Mais en ce moment il faut avouer que je tourne en boucle sur ABBA, c’est vraiment un groupe qui me permet de faire le plein d’énergie : quand je les écoute j’ai l’impression que je peux conquérir le monde (c’est le plan quoi qu’il advienne d’ailleurs). En fait je suis presque sûre que c’est une musique qui stimule mon système immunitaire (rires).

Écoutez Space et ABBA.
M. Une recommandation finale avant de se quitter ?

C. NETFLIX LOVERS, ÉCOUTEZ-MOI ! Je sais que vous êtes submergés par un champ infini des possibles, MAIS il faut voir La Danse des Oiseaux, c’est un documentaire incroyable ! L’un des meilleurs documentaires que j’ai pu voir sur les oiseaux. Et pour rester dans le thème : Behind the scenes : The penguins, qui est un making-of à mourir de rire du documentaire The Penguins. C’est pas sur Netflix mais les 7 jours gratuits sur Disney+ servent à ça : exploitez-les.

Autre recommandation : lancez-vous dans les podcasts. Il y en a plein de géniaux mais si je ne dois en citer qu’un seul, je vous inviterai à découvrir Le meilleur podcast (c’est le meilleur). Mention spéciale à l’épisode avec Hubert Reeves, dont il faut d’ailleurs lire le livre L’Univers expliqué à mes petits-enfants qui est une super introduction à la naissance de l’Univers.

A. Passion Univers ici aussi ! En ce moment je lis un livre sur la théorie de l’évolution moderne Le Sourire du flamant rose de Stephen Jay Gould, que des amis qui me connaissent beaucoup trop bien m’ont offert. L’auteur est un paléontologue, philosophe et historien (rien que ça) qui prend un malin plaisir à démonter les théories pré-Darwin, mais surtout enrichir la théorie de Darwin en donnant des exemples que je trouve assez fascinants. Testé et approuvé : ça vaut le coup donc lancez-vous !

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