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Report : triple dose de bonheur au Festival Hop Pop Hop

Photo © Idriss Arin

Du 13 au 15 septembre, la 4ème édition du festival a réuni le meilleur de la scène émergente électro, techno et pop : Ouai Stephane, Ambeyance, Irène Dresel, Catastrophe… Sous le regard bienveillant de l’immense Arnaud Rebotini. On te raconte.

Rares sont les festivals où l’on se rend les yeux fermés. À seulement 1H de Paris en train, les programmateurs de la scène locale l’Astrolabe ont varié les plaisirs dans une prise de contrôle festive du centre-ville. Originellement axé sur un line-up plutôt rock et punk, l’édition 2019 a proposé de grandes têtes d’affiche techno qui ont retenu toute notre attention, Irène Dresel et Arnaud Rebotini en figures de proue. Mais comme se plaisent à le dire les initiés, ici pas de noms gargantuesques rameutant les foules : chacun des 35 groupes est un headliner en puissance.

À peine descendu de notre train Intercités qu’on se prend notre première dose de kiff : le site du festival. Littéralement posée au pied de l’une des plus belles cathédrales de Loire, la plus belle selon tout orléanais qui se respecte, la scène principale prend place dans le Jardin de l’Évêché. Dans ce spot royal, le sacre est au hip-hop avec le groupe belge Glauque qui tabasse avec un flow rappelant Fauve. Associé à un gros beat dansant, nous voilà pris dans la célébration festivalière de plein pied. Même si la prod met à l’honneur l’électro, leur énergie rock ne nous dépayse pas pour un sou. Nous voilà bien arrivé en terre Hop Pop Hopesque.

Mais les programmateurs ont tenu à faire du festival un événement urbain et pluriel. Plusieurs scènes gravitent autour d’un spot central accessible en quelques minutes à pied. Direction le Centre Chorégraphique National pour se chauffer les oreilles avec le live italo-disco de nos crushs Ambeyance, puis la boîte noire du Théâtre National pour se dérouiller avec Ouai Stéphane. Une montée parfaitement calibrée qui nous dépose sans crier gare sur les 1H du matin. La scéno’ des lieux participe à merveille à la mise en valeur de l’univers des artistes, et nous dépayse toujours un peu plus. La première journée vient de se terminer sur une double dose de kiff. On se dit au lendemain.

Le line-up du samedi est tellement resserré qu’on craint d’en louper la moitié. On a prévu le coup en enfilant des baskets pour cavaler entre les scènes et les interviews. Nous voilà donc parti pour le live de Monolithe Noir qui offre un set dynamique avec son batteur, avant d’enchaîner avec l’hypnose mélodique de Niklas Paschburg mêlant piano, accordéon et boucles électro. Grande révélation de cette édition du Hop Pop Hop, le concert dans la salle du Conservatoire condense tout ce dont on avait besoin : une virtuosité de composition, l’alliage parfait entre classique et contemporain, et une bonne dose de quiétude. On sort sur un petit nuage dont on ne redescendra jamais.

Après un casse-dalle au poil sur la pelouse de l’Évêché, nous voilà repartis pour le Conservatoire avec le live délirant de Catastrophe. Performeurs débridés, leur hybridation entre théâtralité néo-hippie et textes allumés résonne comme un pied de nez au classicisme de la salle. Le pari osé nous met tout jouasse : il fallait le faire. Pas le temps de niaiser que nous revoici à traverser le centre médiéval à bride abattue pour le show d’Irène Dresel sur la Scène Nationale. La déesse bucolique et sa scéno florale nous emmènent très haut dans la stratosphère techno. Chacun de ses drops millimétrés fait décoller un public acquis à sa cause, si bien qu’on sort hagards comme un lapin pris dans les phares d’une sportive électro.

Dernière étape : l’immense Arnaud Rebotini achève de débiner nos semelles avec un set dont il détient le secret. Armé de ses machines, le pionnier de la techno française nous emporte sur un sommet que l’on croyait déjà avoir atteint. Seuls de nombreux irréductibles continuent jusqu’à 3H du matin avec les casques audio de la Silent Party… Le festival tire maintenant à sa fin. Véritable succès artistique et populaire avec 4000 visiteurs payants, le Hop Pop Hop peut se targuer de nous avoir envoyé une triple dose de kiff : le cachet incroyable du site, une programmation pointue et fédératrice, l’ambiance au charme inégalé. On se revoit pour un triple bond en 2020 ?

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