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Rencontre avec Jäde, le projet r’n’b d’une bad girl authentique

Repérée par la plateforme Spinnup – la structure de soutien aux jeunes talents d’Universal Music Group, Jäde a sorti l’année dernière son EP « ClichéTape ». Découverte d’une artiste paradoxale, à la fois introvertie et décomplexée.

Anti-clichée, dans l’air du temps et profondément attachante, Jäde pose les bases d’un RnB ciselé. Familière du crew Hotel Radio Paris dont elle est de toutes les dates, la chanteuse revient pour nous sur son EP « Cliché Tape », condensé de cool au parfum de souffre. Elle catche notre époque sans état d’âme, choppant des samples sur le web, se réappropriant des inspirations, et devenant une bad girl malgré elle.

« Un coup tu gagnes, un coup tu perds ». Quand la réalité rejoint les lyrics, Spotify suspend ClichéTape de sa plate-forme pour une histoire de droits d’auteur. Si l’événement est anecdotique, l’artiste entretient son image de mauvaise élève sur les tracks comme dans la vie. Elle prépare sa nouvelle release sur un label cinq étoiles dont on taira le nom, façon trap sentimentale qui va tout casser. Après tout, « y’a pas de désir sans désordre ».

 

Marin : Hello Jäde. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Jäde : Je chante depuis que je suis petite. J’ai grandi à Lyon et à 18 ans je me suis installée à Paris. Quand je suis arrivée ici, je me suis fait quelques potes producteurs (Keight, GG3, Eazy Dew… pour n’en citer que quelques uns).

Ces personnes m’ont inspirée et motivée à faire de la musique. C’est grâce à ces rencontres qu’est né le projet Jäde.

M. Ton EP « ClichéTape » compose ta vision sensible et mystérieuse des amours d’aujourd’hui. Est-ce que c’est cliché d’être romantique en 2019 ?

J. Tout dépend de ta définition du romantisme. Moi quand je pense à ce mot, j’imagine tout de suite quelque chose de très kitsch, genre pique-nique dans l’herbe avec des coupes de champagne et des fraises. Je me suis souvent moquée de ce genre de cadre, que je ne comprenais pas à l’époque.

Finalement, être romantique c’est porter
de l’attention à quelqu’un et c’est important : ce n’est pas du tout cliché.

M. Ta photo de profil sur Facebook est un bouquet de fleurs, sur Instagram c’est une peinture Renaissance. Comment conçois-tu ton projet visuellement ?

J. J’ai fait des études qui lient l’art et la technologie. Les visuels sont très importants pour moi. Quand j’écris des chansons, j’ai des images qui me viennent en tête, c’est systématique.

J’essaie de raconter des histoires, en décrivant des ambiances, des couleurs, des matières… au final ça peut s’apparenter à un tableau. Tout cet univers en dit beaucoup sur moi, mais évidemment pas autant que mes chansons.

M. Tu collabores régulièrement avec des personnalités du milieu rap dont Hotel Radio Paris et Schumi1. Qu’est-ce qui t’as amené vers eux ?

J. Hotel Radio Paris et Schumi1 font énormément de choses à coté du rap, shout out à eux. Il faut savoir que j’écoute beaucoup de rap français, c’est la musique qui me touche le plus ces dernières années. C’est donc assez naturellement que je me suis entourée d’artistes de ce milieu. Je pense notamment aux rappeurs/producteurs Mazoo et Gouap, par exemple.

Je suis une fille plutôt timide, je n’ose pas tout le temps faire ce que je veux. Ces personnes m’aident à sortir de ma zone de confort et à croire un peu plus en moi. Au-delà de leurs sons, c’est vraiment leur mentalité que j’aime.

Rester toi-même et faire ce que tu veux dans la vie (tout en niquant des mères).

M. Qu’est-ce que Keight t’apportes sur la production et dans ta formation live ?

J. Comme je le disais plus haut, Keight a beaucoup contribué au projet Jäde. Il a produit tous mes premiers sons, sans lui le projet Cliché n’aurait pas vu le jour tel qu’il existe : le mix, le mastering, la direction globale… Il s’est investi à tous les niveaux.

Un jour il est arrivé avec l’idée de faire un live instrumental pour la radio Hotel Radio Paris, juste parce qu’il avait envie de jouer du clavier (lol). C’est là que Schumi1 s’est manifesté. En plus d’être producteur, il est batteur. Il a donc proposé de m’accompagner sur le live avec son groupe WeAreNaive.

Le nouveau set up live est alors né : on est 5 sur scène et c’est beaucoup mieux.

M. Dans ta release éponyme, tu compares la première fois à une danse avec un garçon. Quelle est ton approche de l’écriture ?

J. Comme je disais, j’aime beaucoup les images et les métaphores. Les relations amoureuses et le sexe sont des sujets sur lesquels j’aime écrire.

Le plaisir féminin reste tabou encore aujourd’hui en France et ça me dérange. Je n’aime pas la vulgarité, je préfère la subtilité, j’essaie d’en parler à la fois de façon naïve et responsable.

Pour « Première fois », même si c’est raconté à travers le thème de la danse, c’est finalement très explicite, sans être choquant. Pour d’autres morceaux, par exemple « Saison », ça l’est un peu moins.

M. Pour terminer, on te pose la question à laquelle personne n’échappe sur Arty Paris : c’est quoi ta définition d’une artiste ?

J. Un artiste c’est quelqu’un qui essaie de transmettre sa vision par la création.

Merci Adèle !

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