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L’Interview instagram de Teeers, bande de pop

Le quatuor parisien a sorti son nouvel EP “After the After” qui nous évoque l’énergie britpop de Blur autant que les balades décalées de Mac deMarco. Un indispensable à écouter en boucle.

Depuis leur 12 ans, Victor, Clément, Odilon et Adrien sont comme les cinq doigts de la main. À la différence qu’ils sont quatre, et qu’ils ont fondé Teeers à trois. Les années passant, leur amitié a abouti sur la révélation de l’EP “Overheat” en 2018, jusqu’à notre rencontre pour la release party de leur nouvel opus “After the After”. S’il subsistait un doute, la sincérité de leur show face à des fans surchauffés nous a confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. À notre tour d’interpréter les trois “e” de Teeers : le premier pour le groupe, le second pour le public, et le dernier en communion.

Des paroles en anglais, une base mélodique entraînante, et une production pop rehaussée d’électro, les amis croisent avec virtuosité des influences anglophones avec une patte contemporaine. Avec eux, tout semble évident, presque facile. Leur identité visuelle se nourrit de cette dichotomie dans des clips à l’esthétique vintage, les oreilles à l’écoute du passé, le regard tourné vers le futur. De par ce travail de l’image, nous les avons invités à commenter une sélection de leurs posts Instagram, du plus ancien au plus récent. Inteeerview.

Marin : Hello Teeers. Votre premier post sur Insta est une photo d’un concert de Mac deMarco au Trabendo. Ça a une signification particulière pour vous ?

Adrien : À l’époque, j’étais pas encore dans le groupe mais on est amis depuis très longtemps. Mac deMarco venait de sortir son album “Salad Days”. C’était un concert de ouf.

L’ambiance était un peu crado avec 95% de mecs de 25 ans. Il avait pris une pizza et tout le monde croquait dedans, il jouait ses morceaux 20 BPM de plus.

Clément : On est allés le voir ensuite avec Odilon et Victor, mais c’est le souvenir le plus fou que j’ai de lui. C’est la première fois qu’on voyait un artiste communiquer autant avec le public, avec autant de proximité.

Odilon : Il y a 5 ans, c’était le moment où on commençait à prendre notre envol. On sortait plus pour essayer de découvrir des artistes par nous-mêmes.

Et Mac deMarco, c’était clairement notre artiste de proue dans le délire indie, qui a façonné ensuite nos influences.

Marin : Sur cette photo, vous faîtes un bowling à trois, mais vous êtes taggués tous les quatre ?

Clément : C’est la photo de la transition.

Adrien : Je faisais des photos avec des appareils jetables Kodak et les gars m’ont dit qu’ils trouvaient ça cool. On a toujours aimé le côté vintage même si l’esthétique était balbutiante à l’époque. Cette photo est mon premier pas dans le groupe.

Marin : Et là, tu passes devant l’objectif.

Adrien : C’est mon arrivée happy dans un groupe de beaux gosses (rires). On avait fait un shooting avec Ella Hermé pour marquer le coup.

Marin : Cette simplicité, c’est important ?

Odilon : Complètement. On se construit une image qui est nécessaire d’un point de vue visuel, mais le message reste sincère. On ne se construit pas de personnages qui pourraient sonner faux.

Adrien : Dès que quelqu’un nous envoie un message sur Instagram, on est hyper réceptifs. C’est tellement plus simple de communiquer de cette manière, on adore.


Marin :
Je vous ai connu avec “Driving on my Own”. Ce premier clip réalisé par Alice Kong a posé les bases d’une identité que vous cultivez toujours dans vos clips ?

Adrien : C’était son troisième clip après “La Femme à la peau bleue” de Vendredi sur Mer et “Flash” de Lewis of Man. C’était au tout début.

Odilon : Avec Alice Kong, il y a eu un gros travail de préparation. Elle nous a demandé d’assister au casting, elle était très transparente, mais ça reste son univers. On la trouve très talentueuse.

Adrien : On aime bien développer des high-concepts qu’on trouve cools et décalés, comme une sorte de pop 2.0.

Marin : Plus particulièrement dans “Overheat”, vous entretenez un rock solaire sur une base mélodique pop, à la fois vintage et ultra-contemporain. C’est une volonté consciente dès le départ ?

Odilon : Au niveau de la musique comme de l’image, on pioche nos influences des années 50 à aujourd’hui. Tu te crées une identité avec la musique du passé, et un personnage avec ce qu’il se passe maintenant.

Adrien : On écoute des artistes des années 60 aux années 90, comme Michael Jackson, Prince, ou Blur.

Odilon : Je suis fan des années 70 et 80, David Bowie est vraiment mon maître à penser.

Clément : Je suis assez adepte de la face mal connue des années disco, alors qu’il y a choses très cools.

Marin : Et comment vous le transposez en studio ?

Adrien : Ces quatre photos ont été prises dans le studio de Pierrick Devin avec qui on a réalisé l’EP. Mais toutes les maquettes ont été composées dans le homestudio de Clément.

Odilon : On a appris tous seuls en étant accompagnés par des gens comme Séverin, chez qui on a enregistré le premier EP. Là on a voulu vraiment tout prendre en main.

Clément : Quand on est en studio avec Pierrick tout va assez vite. On arrive avec nos idées, il nous apporte un regard extérieur et une vision artistique.

Odilon : À ce moment là, il devient le cinquième membre du groupe.

Marin : Votre EP “After the After” est sorti le 5 avril, vous m’en parlez ?

Clément : Chaque morceau a été composé dans une énergie très différente. Par exemple, le titre “New Friends” a été composé en deux semaines.

Odilon : Dans une pulsion d’urgence, on voulait se faire plaisir sans réfléchir. C’est une énergie qui se ressent dans le morceau.

Adrien : Sur “After the After” c’était la même production spontanée, alors que sur “On Time” et “Flavours” rien à voir. Il y a du avoir 10 versions.

Marin : Vous avez eu votre release party samedi au Pop-Up du Label. La suite, c’est une tournée ?

Adrien : On va faire une première partie pour Bakar le 23 avril au Badaboum. On est sereins, les dates vont être annoncées petit à petit.

Odilon : On veut trouver un public plus large, pas seulement français.

Marin : On termine par une question incontournable chez Arty Paris : Qu’est-ce que c’est pour vous, être un artiste ?

Odilon : Je peux te dire ce qu’est un artiste, mais je peux pas te dire si on est des artistes. Ça fait partie de ces rôles qui sont donnés par le public.

On ne veut pas se placer au-dessus des gens, mais insuffler une dynamique par la musique. S’ils voient quelque chose de singulier, c’est à eux de le décider.

Clément : Pour moi, c’est quand tu donnes quelque chose qui vient de toi, qui est personnel, que tu veux faire vivre des choses à des gens.

Merci beaucoup les Teeers <3.
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