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Interview : les petits mondes parisiens de Louise Hourcade

Par sa passion dévorante, l’illustratrice Louise Hourcade balaie le mythe de l’artiste maudit. Entretien avec une personnalité haute en couleurs.

Elle nous avait prévenu. En guise de préambule, Louise Hourcade déballe son caractère extraverti dans une tornade de mots. Si le cliché de l’artiste marginale a la dent dure, très peu pour elle. Sa parole est aussi bouillonnante que son trait est direct, presque incisif. Les couleurs explosent au milieu du gris haussmannien. Une ville multi-ethnique fuse sous ses crayons, des couronnes de fleur poussent sur les têtes, des mots d’amour s’écrivent en toutes lettres… Bordel, qu’est-ce que ça fait du bien.

Quand on aborde ses sources d’inspiration, elle s’exalte pour les tonalités chaudes de Gaugin et Matisse avant de revenir à son quotidien : “les filles, mes amies, les voyages, l’art, la bouffe, les fleurs, les villes, une assiette…”. De passionnée à passionné, sa collaboration avec l’auteur Igor Quezel Perron pour le recueil “À nu Paris” paraîtra l’année prochaine. Mais d’ici là, elle semble presque s’excuser de prendre une pause créative, prétextant une phase “très extravertie et tournée vers l’extérieur”. Entre son univers intérieur et l’appel de Paris, le dilemme est cornélien.

“Louuhou” sur Instagram

Marin : Peux-tu te présenter, ton parcours, tes aspirations ?

Je m’appelle Louise. Je suis étudiante en école de commerce, dont je suis passionnée comme un rat mort. Cet ennui dans mes études m’a donné le temps et une petite rage de faire plein d’autres choses, comme du dessin – que je pratique depuis 6 ans, beaucoup toute seule dans ma «  piaule ». Et puis du théâtre, de la poterie, des cours divers et variés…

Comme personne, je suis très extravertie – je te le dis parce que j’ai réalisé qu’on supposait des artistes une introversion torturée ou un peu égocentrique. J’ai aussi entendu dire que les artistes se développent « à la verticale », en fouillant dans leurs entrailles et en faisant de leurs tripes quelque chose de «  sublime » un peu sacré – de bas en haut…

Peut-être, mais là encore, j’ai l’impression de grandir à l’horizontal. Il faut que je sorte de chez moi, que je parle à des gens (et souvent pour la première fois ! J’ai même un questionnaire pour les inconnus mais j’ai peur de le sortir en vrai), que je sente la ville bourdonner, que je visite des trucs…

J’ai essayé cet été de faire l’artiste solitaire et j’ai un peu dépéri, parce que j’avais essayé de dompter ma soif […].

Marin : En quoi ton quotidien impacte ta manière de créer ?

Il me manque du recul, mais en général c’est un équilibre global qui doit faire en sorte que je sois à la fois inspirée, un peu frustrée, et qu’enfin un soir je trouve le temps pour sortir tout ça sur papier. La frustration est assez fertile dans mon cas !

Au cours de mon classique parcours, je suis passée par une classe prépa’ : pendant des semaines, j’accumulais de la frustration, du stress, de l’ennui… Et parfois, ça me prenait, j’en pouvais plus et je mettais à peindre pendant des heures dans ma chambre. C’était assez physique. Je ne suis pas sûre d’avoir eu les mêmes pulsions depuis.

Marin : Qu’est-ce que tu cherches à transmettre ?

Je n’ai pas d’émotion ou de message particulier à transmettre. Ça va peut-être changer, il faut juste que j’ose, mais j’en suis pas encore là.

[…] Je crois que j’aime toucher les autres, physiquement et émotionnellement, ni par fierté ou envie de gloire, enfin peut-être si un peu, ou juste pour le kiffe. C’est peut-être se sentir exister dans les yeux des autres? Oulala je me met à NUE là.

En vrai je n’ai pas trop de réponse. Peut-être parce que je ne suis jamais allée en école d’art ou chez le psy, je n’ai jamais eu à tirer les ficelles du pourquoi je dessine, et tout.

Le jeu-concours pour remporter un print de Louise est expiré.
Rendez-vous l'année prochaine pour le nouveau calendrier de l'avent !
Merci pour tout Louise !