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Les Capsules : Marble Arch, le groupe d’un breton qui lorgnait vers la Grande-Bretagne

Les Capsules, c’est le concept de live sessions qui encapsule la nouvelle scène parisienne. Place aujourd’hui à Marble Arch, le one-man band aux influences anglo-saxonnes fondé par Yann Le Razavet.

Ça ne t’aura pas échappé, on aime introduire les artistes passés dans les Capsules à base de métaphore géographique. Après être partis dans l’Utah avec Coral Pink, on prend un direct pour Londres avec Marble Arch. Les aficionados de l’Eurostar connaissent bien la borne à détection faciale de St Pancras, les écureuils emblématiques des espaces verts british, et sans doutes le monument de marbre blanc au coin de Hyde Park. Spoiler : il s’appelle Marble Arch. Derrière le groupe du même nom, il y a Yann Le Razavet, un breton qui fait valoir ses racines celtiques en se passionnant pour le rock et la pop d’outre-Manche. Résultat des courses : deux albums au compteur et une signature sur le label Géographie, fondé par Rémi Laffitte et Nicolas Jublot, également programmateur du Point Éphémère. La métaphore géographique prend encore une fois tout son sens.

Marin : Bonjour Yann. « Marble Arch », c’est ce célèbre monument en marbre blanc à Londres. Tu as choisi ce nom de scène dans le but d’avoir un groupe aussi mastoc et illustre, ou ce sont tes études en architecture qui ont joué ?

Yann : Quelle imagination (rires). La première fois que j’ai entendu ce nom c’était dans une chanson dont je ne me souviens même plus du nom de l’artiste. C’était assez intrigant car ce lieu avait l’air assez significatif vu sa description. Je me suis donc renseigné et cela m’a plutôt marqué. Son histoire, son aspect etc… Mais pour résumer, c’était plutôt un hasard. Je trouvais que ça sonnait bien. Peut-être aussi parce que je suis architecte ! En tout cas, j’ai essayé de trouver d’autres noms par la suite, d’élargir les recherches mais je suis retourné à mon premier crush.

M. Il y a quelqu’un qui a été important dans l’histoire du groupe, c’est Nicolas Jublot, programmateur du Point Éphémère et co-fondateur du label Géographie. Tu nous racontes ?

Y. Je connaissais Nicolas par d’autres potes qui avaient des groupes (Venera 4, Rendez-vous) chez Hello Acapulco, sa structure d’accompagnement d’artiste. En plus de ça, il était à l’époque prog’ à l’Espace B et je mettais souvent les pieds là-bas. Un jour et est venu nous voir en répétition pour nous dire qu’il aimerait bien s’occuper de nous. Pour ce qui est de Géographie, Nicolas m’avait toujours dit qu’il était chaud pour monter un label avec Rémi Laffitte d’Atelier Ciseaux. Ça me paraissait logique de lier label et management. Avec Nicolas, c’est une histoire d’amitié avant tout. C’est hyper simple. Il a toujours été super motivé pour tirer le groupe vers le haut.

M. Tu as sorti ton premier album The Bloom of Division en 2014 suivi de Children of the Slump en 2019. En cinq ans, on passe des ambiances brumeuses d’un tableau de Caspar David Friedrich aux lumières d’une balade Impressionniste. Pourquoi cette évolution ?

Y. Oui y’a carrément de ça. Pour résumer simplement, l’évolution entre ces deux albums reflète une certaine affirmation dans mes choix, dans mes goûts, un cheminement toujours personnel. Ces deux albums ont été créés à deux instants différents de ma vie, dans deux situations personnelles et géographiques différentes. On peut dire aussi deux moods et deux processus de création différents.

M. Comment est-ce que ces deux processus de création ont impacté leur couleur respective ?

Y. Comme je le dis souvent, je vois plus mon premier album comme une collection de démos que j’ai voulu pousser au max. Mais je n’avais pas encore l’idée de faire un album à l’époque, ce qui était davantage le cas pour le deuxième. Il y a derrière The Bloom of Division l’idée d’un certain tâtonnement, d’un flou un peu sombre. C’était assez difficile de sortir de sa coquille, surtout à l’époque. Pour le second, ma vie perso était différente sur plusieurs points, et il y avait cette idée d’affirmer plus ma présence sur l’album, de l’assumer en fait. Il y a quelque chose de plus pop, plus mature, plus coloré.

M. Est-ce que ton groupe que l’on voit dans la live session des Capsules intervient dans la composition et l’écriture ? Ou tu composes seul ?

Y. À vrai dire j’ai tout composé seul pour ces deux albums. Il y a quand même des interventions du groupe dans la réinterprétation des titres que l’on joue live. Je trouve ça plus intéressant. Cela s’est fait comme ça, car en plus d’être mon projet perso, le line-up s’est « cassé la gueule » plusieurs fois, du coup c’était pas facile de faire avancer la création. Pour le prochain, même si je pense garder une idée des grandes lignes, on devrait le faire tous ensemble. J’ai hâte, ça devrait encore prendre une couleur différente.

M. Je crois savoir que tu es venu à la musique par le piano, et ensuite la guitare. Est-ce que tu considères le chant comme ton troisième instrument ?

Y. Oui mais pas au même niveau, car c’est vraiment récent pour moi. J’ai un gros boulot à faire (rires). J’ai toujours été plus attiré par la musique et les mélodies que par le chant et les lyrics. C’est quelque chose que je découvre aujourd’hui en étant chanteur en plus de musicien. C’est quelque chose que je souhaite développer.

M. Et comme c’est la tradition chez Arty Paris, quelle est ta définition d’un artiste ?

Y. C’est très large, mais je pense qu’on est tous un peu mélancolique… En tout cas, on a des choses à faire sortir de notre esprit mais j’ai l’impression que ça reste difficile. Pour résumer, je pense qu’un artiste est quelqu’un qui se pose beaucoup trop de questions (rires).

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