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Les Capsules : Hoorsees, le groupe presque texan que vous allez adorer détester

Les Capsules, c’est le concept de live sessions qui encapsule la nouvelle scène parisienne. Retour vers le futur avec Hoorsees, huit pieds dans les années 90, quatre têtes dans les nuages et une carrière bourrée de promesses. Leurs tubes accrocheurs nous rappellent que Blur et Oasis c’était vachement bien, si tant soit donné que l’on était né à l’époque de Leisure.

Hoorsees traîne le genre de hype qui ne ment pas. François Moreau pour Les Inrocks titrait en 2019 : « Hoorsees a 25 ans de retard sur l’industrie musicale et c’est très bien comme ça ». Ou encore Mitt Homann (on te laisse apprécier le jeu de mot) pour Gonzaï en 2018 : « Les Hoorsees viennent de sortir le pire clip de l’histoire des clips les plus pourris de l’histoire ». En général, on le fait savoir quand on kiffe un groupe. À l’inverse, tout se joue à base d’articles putaclics pour Hoorsees. On espère avoir ajouté notre pierre à cet édifice de savante détestation, quand l’admiration se tait depuis les années 90 sous les rires faciles du second degré journalistique. Pour que leur carrière se maintienne au plus haut, n’hésite pas à dire en soirée bien branchée que tu détestes te rendre en concert voir Hoorsees jouer leurs tracks bien nazes. Ça risque grandement de booster les vues de leur live session.

Marin : Hello Alexin. Les Inrocks avait présenté ton groupe Hoorsees comme échappé d’un film de Linklater, puis tu sortais en 2019 le single Boyhood. Il n’y aurait pas comme une filiation texane dans l’air ?

Alexin (Hoorsees) : Aucun chapeau texan à l’horizon à ma connaissance. Mais si chapeau il y a, alors chapeau bas à Linklater. Peace, man.

M. On reste aux États-Unis avec Pavement. Le titre de ton album Major League of Pain faisait référence à leur track Major League. C’est une sorte de mantra spleenien, cette « major ligue de la douleur » ?

A. Mantra spleenien, je ne sais pas. Mais les thématiques sont assez simples vu mon niveau d’anglais, je fais ce que je peux avec peu de mots. Ça parle de ma daily routine de jeune presque chômeur. Comme un VLOG un peu.

M. On continue la revue de presse avec Mitt Homann de Gonzaï qui titrait : « Les Hoorsees viennent de sortir le pire clip de l’histoire des clips les plus pourris de l’histoire ». Le but c’est d’assumer le lo-fi jusqu’au bout ?

A. Alors le but c’était d’avoir un clip sans dépenser d’argent. On n’avait pas mieux sur le moment, on s’est dit que ça passerait, et apparemment non. Il y a quand même eu un budget pour acheter des pâtisseries dans le 6ème, c’est pas si lo-fi quand même.

M. En parlant vidéo, pourquoi avoir choisi les titres TV & Bad Sports et Infectious pour la live session des Capsules ?

A. TV & Bad Sports, c’est pour la fin grandiloquente et caler des licks de guitare bluesy. Infectious, c’est la track préférée de Greg de Requin Chagrin. Bisous, Greg.

M. J’ai été touché par ton interprétation où tu donnes quelque chose de palpable plutôt que de parfait. Ça représente quoi la scène pour toi ?

A. C’est l’occasion d’enfiler un pantalon et de chanter autre part que dans ma chambre.

M. Et comme c’est la tradition chez Arty Paris, quelle est ta définition d’un artiste ?

A. Je ne sais pas, et je ne pense pas que quiconque qui ait la réponse en soit un.

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