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« La belle vie numérique », une exposition à liker

Niché au cœur du 7ème arrondissement de Paris, la Fondation EDF héberge l’exposition « La belle vie numérique ». Loin du conservatisme des musées, on découvre l’art sans chichis jusqu’au 18 mars 2018.

L’initiative est révélatrice de la tendance lourde d’un nouveau mécénat, incarné par les fondations d’entreprise. Si le vaisseau amiral de Vuitton par Frank Gehry et Cartier pour l’art contemporain en sont des symboles médiatiques, EDF a été l’un des pionniers du mouvement en ouvrant ses portes dès 1990.

Accessible à tous publics, l’exposition multiplie les installations comme autant de manières d’interpréter notre société digitale. De l’ancienne centrale électrique au temple de l’art contemporain, de notre quotidien connecté à la culture synchronisée, la création s’affirme partout. Visite guidée.

Le choix nous est laissé entre deux itinéraires pour parcourir les lieux, une dualité propre au langage web. Le parcours 0 et le 1, les codes couleurs rouge ou bleu, l’art dénonciateur d’un assujettissement au digital, ou annonce d’un avenir prometteur.

Blanc : l’artiste Véronique Béland identifie votre état émotionnel en prenant la pulsation de votre cœur, et la chaleur de votre corps. Cette signature unique est transformée en une partition de musique à votre image. Au milieu de la salle d’exposition, un piano se déclenche ; vous vous entendez pour la première fois.

2018 © l’ADN

Noir Richard Prince s’est emparé d’un post Instagram pour le vendre 90 000$ à l’insu de son auteur… Avant que celle-ci ne rétablisse le juste prix, et le mette sur le marché pour 90$, déjouant les plans de l’appropriationiste.

Visite guidée en six pièces maîtresses à découvrir jusqu’au 18 mars.

Accueil céleste

Les cadres sont bien là, mais des ciels en mouvement font office de tableaux. Les 270 films évoluent en temps réel grâce aux webcams de Marie-Julie Bourgeois, disposées aux quatre coins du monde.

Nature morte

Au toucher du lierre, vous entendez des sons de la nature. Ce n’est pas Gaïa qui vous parle, mais la plasticienne Anaïs met den Arcxt qui explore la relation entre êtres vivants. Composez votre mélodie !

Insta en 3D

Et si un like comptait plus que tous les autres ? Et si on illustrait le foodporn de manière décalée ? Et si de photographies on faisait des sculptures ? Dommage, le street artist Encoreunestp a eu l’idée avant vous.

Faussaire 2.0

Ce Rembrandt semble authentique… Original il l’est assurément, mais signé d’une intelligence artificielle qui a analysé 346 tableaux du maître. Une expérience signée Microsoft.

Quand le virtuel devient humain

Elle tweet, publie ses créations en ligne, échange avec des communautés… Mais n’existe pas ! Une existence réduite au virtuel, bien qu’animée par des artistes anonymes de chair et d’os.

Les sables du temps

3 sabliers, chacun avec son décompte : 1 minute, 1 heure et 1 journée. Créés avec une imprimante 3D par Lyes Hammaouche, le procédé questionne la relativité temporelle en liant artisanat digital et traditions ancestrales. Hypnotique.


Informations pratiques :

Espace Fondation EDF
6, rue Récamier 75007 Paris
Jusqu’au 18 mars
Entrée libre