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« J’ai perdu mon corps », l’odyssée d’une main dans Paris

Pour son premier long-métrage d’animation, le réalisateur Jérémy Clapin nous plonge dans le cœur et l’esprit d’un jeune homme que tout ramène à son passé dramatique mais qui, en rencontrant les bonnes personnes, décide de reprendre sa vie en main.

Imagine une main coupée à la recherche de son corps, se déplaçant sur ses cinq doigts à travers Paris. Imagine maintenant un jeune homme orphelin et livreur de pizzas, Naoufel, rencontrant une fille, Gabrielle, derrière l’interphone d’une tour gigantesque. De ces deux situations apparemment sans lien se crée un canevas narratif captivant, l’histoire d’un jeune homme en quête de lui-même.

L’histoire d’un jeune homme en quête de lui-même

Adapté du roman Happy Hand de Guillaume Laurant, le scénariste préféré de Jean-Pierre Jeunet, J’ai perdu mon corps est d’une poésie et d’une créativité que parfois seule l’animation peut proposer. Il prend toute sa dimension artistique dans la mise en scène pensée à la fois comme un vrai film mais s’affranchissant aussi, de fait, des contraintes techniques du réel. Certains plans restent imprimés sur la rétine après la projection tant ils sont beaux et imaginatifs.

Les souvenirs d’enfance doux, chauds et puissants de Naoufel avec ses parents, dans un pays maghrébin, se mêlent au présent avec délicatesse. À l’opposé, Paris est grise mais intense, neigeuse et souvent féerique. Les scènes impliquant la main à la recherche de son corps sont plus étourdissantes et abruptes mais d’une inventivité surprenante (spoiler alert : la scène de l’attaque de rats dans le métro est brillante).

Brutalité et poésie se mêlent dans un Paris gris

Enfin, la musique originale de Dan Levy sublime ce conte animé de manière presque cosmique (oui, on s’autorise à convoquer l’univers). Ayant travaillé seulement avec les esquisses des plans du film mais très aidé par les voix enregistrées des comédiens, le musicien fait résonner l’histoire de Naoufel et Gabrielle plus vite et plus fort.

Récompensé à Cannes, au festival d’animation d’Annecy et au festival du film français à Los Angeles, le film de Jérémy Clapin, fort de son succès, sera bientôt disponible sur la plateforme Netflix dans le monde entier… sauf en France, rapport à la chronologie des médias, où il sera accessible en streaming dans trois ans. En attendant, la meilleure manière d’apprécier pleinement ce grand moment de cinéma est d’aller voir J’ai perdu mon corps dans une salle obscure. À vos tickets.

J'AI PERDU MON CORPS

Adapté et réalisé par Jérémy Clapin
Avec Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d'Assumçao 

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