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« Underwater Dance », le bal aquatique de la photographe Marta Syrko

Avec sa série Underwater Dance, la jeune photographe ukrainienne Marta Syrko nous plonge dans un bal d’ondes et de lumières.

La jeune photographe Marta Syrko, spécialisée dans la mode et les portraits, nous entraîne dans son exploration onirique du monde. C’est à travers les yeux déformés de l’eau et des miroirs qu’elle capture les ondulations de la vie. Sa série Underwater Dance, réalisée à Kiev en juin 2020, met en scène un duo de danseurs ukrainiens, photographiés sous l’eau. Baignés de la lumière du soleil, Daryan Chehova-Golzberg et Pyotr Lesnichiy dansent en suspension, à quelques mètres de la surface. Marta Syrko saisit de son appareil la grâce des corps qui découpent l’eau dans un jeu de couleurs et de lumière. Une plongée tout en poésie dans un ballet aquatique empreint d’émotion.

Camille : Bonjour Marta. Tu es à la fois une photographe très jeune et très expérimentée, puisque tu as commencé la photographie à l’âge de 16 ans. Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Marta Syrko : Quand j’étais à l’école, je rêvais de photographie. C’était déjà ma passion. À 16 ans, ma première exposition a eu lieu dans ma ville natale, Lviv. Pour moi c’était une expérience inédite et très émouvante. Après ça, j’ai dû étudier à l’université donc ma passion pour la photographie n’a pas pu s’exprimer aussi fort que je l’aurais souhaité. Après avoir eu mon diplôme, je me suis mise à travailler très dur. Cela fait donc seulement trois ans que je travaille comme photographe professionnelle.

C. Qu’est-ce qui t’a inspirée pour cette série Underwater Dance ? L’idée est-elle née de la rencontre avec les modèles, ou avais-tu imaginé ce projet avant ?

M. J’ai commencé à faire des shootings dans des aquariums dans mon studio, donc la série Underwater Dance est une partie de mes séries sous l’eau. J’adore l’eau. À mes yeux, c’est tellement intéressant de saisir ses nuances et ses lignes avec des corps humains.

C. Comment as-tu choisi tes modèles ? S’agit-il de nageurs, de danseurs, d’apnéistes ?

M. Ce sont des danseurs et c’était leur premier shooting dans de telles conditions.

C. Comment as-tu travaillé avec eux pour qu’ils se prêtent au jeu de cette série ?

M. La première heure, nous avons travaillé pour qu’ils retiennent leur souffle et plongent correctement. Ils ont essayé de descendre dans l’eau joliment et j’ai essayé de saisir leur image. C’était difficile, mais je voulais arriver à un résultat, alors nous avons travaillé en silence et avec sérieux.

C. J’ai lu que l’élément clé de ton travail était la lumière. Que permet-elle de dire, selon toi ?

M. J’essaie de montrer que la lumière naturelle est unique. On ne peut jamais faire les mêmes jeux de lumière avec le soleil, parce qu’il change chaque jour. Pour moi, il est essentiel de donner à voir, à travers les images, cette magie de la lumière du soleil.

C. Les ambiances sont très marquées dans cette série de photos. Comment as-tu travaillé la lumière ?

M. J’aime travailler avec la lumière du soleil, des miroirs et de l’eau.

C. Quels sont tes projets pour la suite ?

M. Mon prochain projet concerne les corps. Ce sera quelque chose comme « mon corps est mon art ». Il y a beaucoup de stéréotypes sur les corps et la beauté dans mon pays. Je veux montrer que tous les âges et les formes sont beaux dans leur diversité.

C. C’est la traditionnelle question de fin chez Arty : quelle est ta définition d’une artiste ?

M. C’est une personne qui ressent la vie d’une autre manière, qui ressent de l’empathie avec tout ce qui l’entoure. C’est une personne qui ressent de l’amour.

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