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Qui es-tu Marge Vigneau, la photographe qui capture l’esprit insulaire ?

 

La photographe Marge Vigneau exposera le 3 juillet quatre séries photographiques regroupées sous le nom d’Archipels. Dispatchées au sein d’un appartement où chaque pièce sera une île photographique, l’artiste nous raconte les dessous de ce vernissage mystérieux co-organisé par Arty Paris.

Qui est vraiment Marge, cette photographe au nom d’artiste évoquant les Simpsons ? Déjà, pas de choucroute bleue ni de couleur jaune à signaler. Mais dans ses photos, oui. On sent le fort attrait de Marge Vigneau pour la pop culture qu’elle cultive dans ses séries shootées entre mer et soleil. L’appareil photo en bandoulière, la globe-trotteuse s’est rendue jusqu’à Madagascar pour nous rapporter des images s’affranchissant des codes documentaires. Pas de grand angle ou de panoramas à couper le souffle. L’artiste se penche sur ceux qu’on ne regarde plus et les objets que l’on ne regarde pas. Il y a cet homme jaillissant de l’écume dans une pose rappelant La Naissance de Vénus de Botticelli, la main recroquevillée, le corps délié, pris au milieu des flots. Il y a ces seaux et ces chaises de plastique jaune qui sont la seule source de couleur au milieu des habitations grises de Madagascar. Du bleu au jaune, Marge s’est trouvée le juste nom d’artiste pour marquer les esprits.

Marin : Hello Marge. Peux-tu nous raconter ton parcours pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Marge : Je dirais que l’image et l’interprétation du réel ont toujours fait partie de ma vie – peut-être inconsciemment depuis l’enfance. J’ai commencé à photographier vers 15 ans. D’abord la photo, parce que j’aime bien y aller par palier et je préférais partir du statique avant de passer à l’animé. Ensuite j’ai fait une école de cinéma. Quand je suis sortie, j’ai travaillé comme assistante réalisatrice sur du long métrage, de la pub’, du clip… Ensuite en tant que réalisatrice. Un peu de tout pour faire travailler mes yeux. Ensuite j’ai voyagé. Plus je voyageais, plus j’avais envie de photographier. Une chose reste constante dans mon évolution, c’est mon envie de travailler simultanément l’image animée et la photo, de créer des ponts et de puiser de l’inspiration, dans l’un pour l’autre. Je pense mon projet « Marge » comme un ensemble d’arts visuels au service de mes goûts et de mes idées. Le tout sur fond de musique, car je ne peux pas m’en passer.

M. Ton exposition Archipels rassemble quatre séries photographiques dans un seul et même lieu. Peux-tu nous les présenter ?

M. Un archipel, c’est cet ensemble d’îles qui ont souvent une origine géologique commune. Mais elle peuvent aussi être totalement différentes. Ce parcours nous fait traverser Madagascar, du Nord au Sud. Une île au climat à la fois tropical et aride, à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie. Une ambiance donc plutôt chaude. Puis nous passons par l’Île d’Yeu, un petit refuge vendéen en Atlantique. Le microclimat y est très changeant et capable de grands déchaînements d’eau et de vent. Et enfin, Beaugrenelle. Un îlot architectural dans Paris intra-muros que l’on peut qualifier d’insulaire aux vues de sa différence avec le reste du paysage parisien – de grands immeubles des 70’s. Chaque série porte en elle cette notion de regroupement. Un regroupement par diptyques (Madagascar), par type de photos (portraits pour Chaud) et par paysages (pour Froid).

M. Un archipel a trait à un fort imaginaire ?

M. On peut pousser la réflexion dans l’imaginaire collectif que nous évoque les îles. Ces espaces qui ne répondent pas aux mêmes lois biologiques voire sociales que les continents. Ça me paraissait donc évident de rassembler ces séries sous l’étendard d’une même soirée.

M. La particularité de cette exposition est d’être organisée dans un appartement. Déjà, pourquoi ce choix ? Ensuite, en quoi l’espace et la déambulation se démarquent de celles d’une galerie ?

M. Les appartements sont pensés par les architectes pour y vivre, pour s’y promener, déambuler. Tu passes d’une pièce à l’autre et chacune a sa fonction. Comme les îles. Chacune est là pour une raison et pour accomplir son rôle. Il y a bien sur une notion de voyage, on passe d’un hémisphère à l’autre, d’une pièce à l’autre, et le tout au travers de la photographie et des conversations des gens. Je trouve ça très intéressant. On a essayé de faire au mieux pour que chaque espace ait son ambiance. Il y a également ce côté informel qu’on ne peut qu’adorer : à l’expo comme à la maison.

M. J’aimerais m’arrêter en particulier sur ta série Madagascar : Entre animés et inanimés. Peux-tu me raconter ton expérience et tes rencontres sur place ?

M. Oh que oui ! Le but premier du voyage était « médical », rencontrer un homme qui soigne des blessures autrement que par les moyens occidentaux, destiné à quelqu’un de mon entourage. On a frôle l’Intangible. Mais personnellement, j’étais spectatrice de cette opération, donc mon rôle de photographe avait du sens, même si je n’ai pas voulu photographier le guérisseur. Ça aurait été trop intrusif. On vit différemment là-bas, les journées sont rythmées par le lever et le coucher du soleil. C’est un pays qui ne ressemble à aucun autre car il y a eu par le passé une mixité des cultures. C’est aussi un pays à la frontière entre l’Asie et l’Afrique en terme de paysage. Mais en effet, ce sont les gens et leur mode de vie différents du nôtre qui marquent le plus, parce qu’on s’y est adapté comme on pouvait.

M. Pourquoi avoir choisi le titre Madagascar : entre animés et inanimés qui s’éloigne d’un parti pris documentaire ?

M. La série s’appelle Entre animés et inanimés parce que la binarité peut être super intéressante quand on s’attarde sur les mille nuances qu’il y a entre les deux pôles. J’aime bien l’idée de photographier et sublimer des objets qui n’ont l’air de rien, mais chacun avec sa fonction et son histoire. Les humains de la série, quant à eux, ont tous eu un rôle de près ou de loin dans notre voyage. Une aide, un sourire, une conversation…

M. Quelle est ta photo ou ton diptyque préféré(e) ?

M. Déso’ les frères je ne peux pas choisir, à vous de me dire !

M. Et comme c’est la tradition chez Arty Paris, quelle est ta définition d’une artiste ?

M. Ahaha la question à un million ! Il y a tellement d’artistes dans ce monde qui ne sont pas considérés comme tels par la société. Je dirais qu’un artiste c’est la personne qui crée pour réveiller nos sens parfois endormis et meurtris. Depuis des milliers d’années, on a joué de l’art pour se vider et se remplir. L’artiste est l’instrument de toutes ces sensations.

EXPOSITION : ARCHIPELS

Vendredi 3 juillet de 18H à 23H
Entrée uniquement sur réservation à archipelsrsvp@gmail.com

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