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Prenez votre pied devant la live session démente d’Iñigo Montoya

📷 Laurie Bisceglia 🤝 Les Capsules

Démence [n.f.], appelée trouble neurocognitif majeur, causée généralement par la live session d’Iñigo Montoya semi-porno, semi-poétique, déclarée pornétique. Diagnostic : se laisser porter par cette bonne grosse dose de beats électro post-pop, délivrée par quatre garçons chevauchant le son du moment.

On demande le docteur Arty Paris en urgence chez Les Capsules. Des évanouissements ont été signalés du côté de la chevauchée post-pop de quatre comparses, réunis sous le nom hispanisant d’Iñigo Montoya. Leur posture frappadingue fait tourner les têtes, leur écriture décomplexée tantôt absurde tantôt porno fait saliver, leurs illusions surréalistes donnent des sueurs chaudes. Pas d’erreur possible sur la marchandise, tout n’est que plaisir du texte et abondance de production, car si un membre n’a pas été épargné c’est le pied qu’on prend. Leur EP Inigep03 avait réchauffé notre mois de novembre, comme leur live session risque de provoquer des crises incontrôlées.

Marin : Salut Iñigo Montoya. Il vient d’où, ce nom de scène qui claque ?

Iñigo Montoya : Du film Princess Bride, on a une grosse passion moustache. On a hésité à s’appeler Philippe Martinez.

M. Votre chant en français décomplexé, votre énergie rock, votre accessibilité pop : qu’est-ce qui guide l’écriture de vos morceaux ?

IM. On a toujours vu la musique comme une récréation, comme un terrain de jeu, où tout est possible. C’est ça qui nous guide. Même si on ne joue par comme Omar Rodríguez-López, qu’on ne chante pas comme Björk, qu’on n’écrit pas comme Erik Satie, ce n’est pas grave, faisons ce qui nous passe par la tête, avec nos moyens et notre sensibilité. La principale volonté, c’est de faire des morceaux que l’on a envie d’écouter et qui ne se font pas ailleurs en France. Mais vu qu’en général, on ne peut pas blairer ce qu’on entend ailleurs, bah ce n’est pas si compliqué. Reste juste à faire des morceaux que l’on aime.

M. On vous l’a sûrement déjà dit : votre EP Inigep03, par ses expérimentations musicales et son introversion rageuse, a un goût de post-punk électro. Ça vous inspire quoi ?

IM. Yep, on nous l’a déjà dit, mais je pense que la comparaison vient aussi du fait qu’on a une identité graphique très jusqu’au-boutiste et forte, grâce à Zeugl avec qui on bosse depuis le début. Après, c’est un courant qu’on trouve hyper intéressant, surtout dans l’esprit, dans la manière d’aborder la musique, l’impression d’avoir un fil conducteur très strict mais qui peut dévier à chaque instant. Ce côté rock simpliste très brut et robotique qui emprunte à la Funk, aux musiques traditionnelles, à la variété, avec des paroles scandées, ça nous a beaucoup parlé quand on était ados. Des groupes comme New Order, Talking Heads, Wire, Suicide… On les a énormément écoutés. En grandissant, c’est une référence qui a l’air de ressortir inconsciemment. Sauf qu’on le fait avec des machines et des samples.

M. Pourquoi avoir choisi de présenter vos deux morceaux Mirage dans ta gueule (MDTG) et Archipel en live session ?

IM. C’est simple, ce sont les deux morceaux qu’on joue le moins mal.

M. On termine par la grosse question philo sur Arty Paris. Quelle est votre définition d’un artiste ?

IM. Whaou ! Question sérieuse ! Pour nous le terme d’artiste est indissociable de celui de la création, mais bizarrement, c’est devenu un terme un peu péjoratif à nos oreilles. Souvent, ça se transforme en une personnalisation de l’art, une « starisation » de l’artiste, au détriment de la matière première. On préfère le sens qui est donné à l’artisanat. Cette idée du travail bien fait, collectif souvent, discret et qui se concentre sur l’essentiel, à savoir la création plutôt que la personne qui crée.

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