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Interview : Hotel Radio Paris, la webradio quatre étoiles

Depuis 2016, Jean-Charles Leuvrey invite les artistes à son antenne avec un talent de programmateur hors-pair. On est allé parler avec le fondateur d’Hotel Radio Paris à quelques jours de son DJ Set au Sacré.

L’histoire de Jean-Charles est aussi cool que sa programmation. Passionné de culture skate, il ride dès son plus jeune âge avec un certain Louis Rogé (aka le futur Brodinski). À Reims, les deux compères montent l’émission « Desserre ta cravate » sur Radio Primitive qui synthétise déjà sa passion pour le défrichage musical. Tout aurait pu s’arrêter quand Jean-Charles quitte la région du Champ’ pour travailler à la City. Mais ce serait mal connaître la force de caractère de l’autodidacte.

Le parcours d’un self-made-man de la Butte Montmartre

Revenu à Paris, Jean-Charles lance sa webradio dans un petit studio du 18ème. Situé non loin des locaux d’Ed Banger, il lance une émission iconique avec Pedro Winter où les deux compères prennent leur pause déj’ à l’antenne. Canblaster, Myd et Sam Tiba passent leur tête et posent leur set entre deux soirées aux Bains. Et si Hotel Radio Paris (aka HRP) a depuis évolué, son fondateur n’a jamais sacrifié sa sacro-sainte ouverture musicale. JC, ou l’histoire du fils prodige revenu pour réveiller la radio.

Marin : Hello JC. Pour revenir sur ton parcours, il paraît que ton amour pour la radio est né à Reims avec Brodinski ?

JC : En gros, Brodinski et moi faisions du skate ensemble quand on avait 14/15 ans à Reims. Un jour, il m’a proposé de participer à cette émission qu’il avait dealé avec la radio locale : « Radio Primitive ». Je t’avoue ne plus me rappeler comment et pourquoi je me suis retrouvé dans cette histoire, mais à quatre on a eu 2 ans de radioshow toutes les semaines. Louis [NDLR : Brodinski] choisissait 70% des tracks et nous le reste. On racontait des conneries d’ado’ et on parlait des soirées de la Cartonnerie où on allait. On a toujours les cassettes d’ailleurs, la mère d’un des potes d’enfance avec qui on faisait ça, Geff, a tout enregistré et tout gardé !

Le génial Buvette est résident de la radio et a sorti son EP « Life » en mars dernier. Clique sur l’image pour l’écouter sur Spotify <3.
Marin : Le paradoxe c’est que ton émission s’appelait « Desserre ta cravate » et que t’as ensuite travaillé à la City de Londres. Que t’ont appris ces années avec le recul ?

JC : Le nom « Desserre ta cravate » était sûrement une idée de Geff d’ailleurs. J’avoue qu’à l’époque je ne pensais pas que j’allais mettre des shoes en cuir et aller bosser dans la finance à Londres cinq ans plus tard. Mais écoute pourquoi pas, j’ai bien kiffé Londres, j’y suis resté 9 ans et j’ai fait cinquante mille trucs différents : de Supreme à Red Bull et plein d’autres trucs liés au skate. C’est là que je suis devenu la personne que je suis aujourd’hui. Franchement ça m’a servi de ouf, j’avais un taff à responsabilité où j’ai appris beaucoup de choses que j’utilise toujours. Je trouve que ça se voit dans ma façon de faire du biz’ maintenant.

En fait j’ai passé un an à Barcelone avant Paris, j’avais besoin d’un break. Londres et une ville très fatigante, j’avais envie de vivre mes derniers moment de skate et de chill. J’avais 29 ans, j’étais un peu perdu, je voulais pas taffer pour des gens.

Marin : De retour à Paris, t’as fondé Hotel Radio Paris en outsider. La liberté que t’as en tant qu’entrepreneur est aussi importante dans ta programmation ?

JC : Outsider je sais pas trop, c’est juste que le grand public ne me connaissait pas à Paris. Mais je connaissais du monde comme j’avais beaucoup ridé à Londres, et surtout j’avais toute l’équipe Bromance derrière moi. Je crois que Brodi’ est venu pour le 3ème show, Myd le 6ème, Canblaster rapidement après. Sam Tiba a eu une résidence hyper cool qui s’appelait « Japon Musique » et qui a apporté beaucoup de visibilité. J’ai fait très tôt des soirées aux Bains avec le frère Hirmane de Trust The Buzz et des line-ups assez fous : Guillaume Berg, So Me…

Booba le dit dans son interview sur Brut, la liberté c’est le plus important. Là je te réponds un lundi après-midi, je suis sur un vol en Corse car j’y ai joué samedi. Je peux prolonger mon week-end grâce à mon assistant Jezsa qui tient la radio depuis Paris, et je ne suis pas obligé d’y être. Pour moi la liberté c’est ça, j’ai passé beaucoup trop de temps et dépensé beaucoup trop d’argent dans ce projet pour ne pas être libre.

Guillaume Berg, fondateur de Bromance
Marin : T’invites beaucoup de deejays mais tu mixes aussi. Ça ressemble à quoi un set de DJ HRP ?

JC : Il y a grave de DJs à la radio, et je cherche d’ailleurs à développer les émissions à thème sur l’antenne. Si ça vous tente, écrivez-nous à : hotelradioparis@gmail.com. En vrai, les mixes où je peux me faire plaisir commencent par un Hamza, ensuite du Kingdom ou du Murlo, par la Baile de Favela, et on finit par « Free From Desire » de Gala… ou mon remix de 2 Eivissa (rires). Ce sont des sets que je ne peux faire qu’une dizaine de fois par an, comme à l’Opéra de Montpellier ou à la soirée Lait de Coco à Lièges. J’aime bien faire n’imp’, mon vrai exemple de DJ reste Krampf sans la partie gabber actuelle. Le 19 septembre pour mon set au Sacré ça va être très rap de chicha, je suis bien à balle dans Naps ou Gambi.

Maintenant tu sais où aller
Marin : Qu’est-ce qu’on te souhaite pour le Sacré ?

JC : Me souhaiter je sais pas, qu’il y ait plein de monde sur le dancefllor et que ce soit la guerre… Car c’est l’anniv’ de Théo [NDLR : BNVSKY, le fondateur de Clear Waters] !

HOTEL RADIO PARIS [DJ SET]

Jeudi 19 septembre à partir de 23H30
Sacré 142, rue Montmartre, 75002 Paris
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