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Focus : Guillaume Lacoudree transforme les stars en égéries pop art

L’artiste décline un univers pop, coloré et accessible à partir de portraits de stars et de mannequins. Pour sa première interview, Guillaume Lacoudree témoigne de sa passion pour la mode et les icônes qu’elle crée.

Chez Guillaume Lacoudree, les célébrités passent leur tête dans un défilé continu : Emily Ratajkowski, Kith Harrington, Cara Delevingne et même notre bon vieux Bebel… Comme l’artiste n’est pas photographe chez TMZ aux dernières nouvelles, il pioche ces trombines iconiques au gré de ses divagations sur le net. Mais c’est surtout dans la photo de mode qu’il va puiser sans vergogne pour se constituer un book ultra glam’. L’objectif ? Remixer les visages de grands éditos pour en rehausser la grâce de traits colorés.

« Des modèles comme Maeva Marshall, Adu Takech ou Slick Wood sont ultra inspirantes »

Quel meilleur endroit qu’Insta pour mettre en valeur ses créations épurées ? Guillaume est un kid du réseau social où il nous entraîne dans la danse de ses serpentins colorés. À la croisée des caresses du Studio Claire Laffut et de la poésie de Jean-Charles Castelbajac, l’artiste s’empare des codes du pop art et du street art à l’heure des social médias. Ce ballet de couleurs n’est pas passé inaperçu aux yeux des grandes marques, puisqu’il a récemment signé des collaborations avec H&M et Nike pour la nouvelle Air Force One.

Marin : Hello Guillaume. Peux-tu te présenter pour ceux qui découvrent ton travail ?

Guillaume Lacoudree : Pour les formalités, moi c’est Guillaume, 25 ans, originaire de Caen et en couple. Pour ce qui est de « qui je suis je suis », je commencerai par le fait que je suis comédien, « instagrameur », artiste pour d’autres et certains me connaissent comme serveur. En fait je suis Guillaume Lacoudree, GuillaumeFL et des fois même « Excuse moi une pinte st’euplait » .

M. Tu me parles des artistes qui t’ont influencé ?

G.L. Mes principales sources d’inspiration viennent de la peinture avec Basquiat et Haring qui ont su amener le street art dans les galeries. Mais aussi, Lichtenstein ou Warhol pour leur impact sur la culture et la dimension pop qu’ils ont su créer, sans oublier Picasso pour son trait.

Je suis également très influencé par la mode et les grands créateurs, Jean-Paul Gaultier, Alexander McQueen ou encore Dior pour ne citer qu’eux. Au delà de ça, j’ai une admiration pour Jean-Charles de Castelbajac qui est à la croisée entre l’art et la mode. Clairement mon père spirituel.

M. Tes traits déliés et colorés évoquent la mode, le street art et le pop art. Quelle école revendiques-tu ?

G.C. : Je ne revendique aucune école, je n’ai moi-même suivi aucune formation artistique, l’inspiration est partout. Je suis l’exemple parfait de ce qui ne rentre pas dans UNE case. Je suis d’ailleurs ravi que mes influences soient aussi identifiables et pourtant transcrites de façon si personnelles.

M. Où déniches-tu les photos sur lesquelles s’appuient tes œuvres ?

G.C. : Je travaille uniquement sur des photos existantes qui sont essentiellement sur Instagram. Je n’ai malheureusement ni le temps, ni les outils et encore moins les compétences pour être photographe. Ceci dit je m’y essaye de plus en plus avec mon téléphone.

Je choisis avant tout mes photos selon l’attitude qu’elles dégagent. Ce que j’entends par « attitude » c’est le sentiment qui est exprimé. C’est pour ça que j’aime nommer certain de mes posts par un adjectif qualificatif. Mais la diversité également. Des modèles comme Maeva Marshall, Adu Takech ou Slick Wood sont ultra inspirantes.

M. Pourquoi avoir choisi de dessiner principalement des portraits ?

G.C. : J’ai commencé par les visages car j’aime beaucoup ce qu’ils peuvent raconter. Les yeux d’abord, pour l’âme, bien que ca soit surfait, c’est vrai. Puis le nez, pour le caractère. Enfin la bouche pour le désir. Les lier d’un trait puis de les mettre en parallèle du visage est une façon de les mettre en évidence.

M. As-tu envie de t’ouvrir à d’autres formats ?

G.C. : C’est marrant que tu me demandes ça car je suis justement en plein changement. J’ai changé mon processus créatif et j’en suis venu à m’intéresser plus à la couleur, alors qu’avant j’étais surtout porté sur les couleurs primaires. Au-delà de ça, je travaille de plus en plus sur des pleins pieds pour suivre les courbes d’un vêtement ou d’un corps, mais je garde les bases promis.

M. T’as récemment collaboré avec H&M ou Nike pour la nouvelle Air Force One. Comment sont nées ces collaborations ?

G.C. : La magie des réseaux, rien de plus. Même si j’avoue, j’ai un peu forcé le destin en sponsorisant quelques posts. Mais en gros, un beau jour, j’avais un message non lu sur insta et j’ai pu voir que mon travail leur plaisait et qu’ils pourraient créer une plus-value pour présenter leur collection. J’ai du apprendre à utiliser Animate en quelques jours. La suite, tu la connais.

M. Pour finir, tu n’échappes pas à la question signature chez Arty Paris. Quelle est ta définition d’un artiste ?

G.C. : Alors pour être sincère, je dirais que l’artiste est celui qui exerce un art dans le but de délivrer un message mais sans attentes du résultat. Pour être plus philosophe, je citerais Eric Cantona qui disait « Un artiste c’est celui qui a le don d’éclairer une chambre noire ».

Retrouvez Guillaume Lacoudree sur Instagram.