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FORM : « Il était important de parler de choses qui nous tiennent à cœur »

Le trio parisien FORM signé sur Nowadays Records (La Fine Équipe, Fakear, Jumo) sort aujourd’hui son premier mini-album C.W.T (It Comes with the Territory).

Leur bio Instagram plante le décor : « 3 corps, 1 âme ». À ceux qui pensaient que la poésie était morte avec les réseaux sociaux, FORM claque une formule versant dans les grands sentiments, préambule à leur électro mystique qui ne recule devant rien, et descriptif d’un groupe qui embrase tout. Après leur premier EP Underwater, le trio parisien mené par la voix imposante d’Hausmane, les synthés lancinants d’Adrien et les percus omniprésentes d’Aksel, n’a en tête qu’un seul objectif, celui de nous faire vriller d’émotion. Leur nouvel opus C.W.T (It Comes with the Territory) comptabilise sept morceaux et autant d’oscillations.

De l’électro-soul à la croisée de James Blake, Jungle et Jordan Rakei

Dans leur veine électro-soul, James Blake, Jungle et Jordan Rakei sont des pères spirituels de groove, mais en esprit leurs morceaux n’ont pas de semblable. Les trois copains parlent sans sciller de notre époque avec sincérité, là où l’ordinaire devient épique et l’intime se pare de grandiose. Il y a une évidence dans cette rencontre des contraires, comme évoquer le fond sans présenter FORM, ou écouter ce voyage aérien dans le métro souterrain. Morceau après morceau, on plonge dans leurs récits d’épreuves (cf. l’interview) que leur intensité mélodique rend surmontable, à l’image du clip de Trigger où seule la danse permet d’échapper à l’inévitable. De leur bio Instagram à leur EP, Form ne cesse de déjouer les attentes que l’on pourrait formaliser.

Marin : Hello Hausmane. Le mini-album C.W.T (It Comes with the Territory) me rappelle par son nom et ses sonorités un célèbre morceau de The Blaze. Quelles seraient les influences de FORM ?

Hausmane (FORM) : Par le nom on voit ce que tu veux dire, mais ce n’était pas un clin d’œil à The Blaze, promis (rires) ! Par le son, bien qu’on respecte énormément ce que font The Blaze, on ne pense pas qu’ils soient une source d’inspiration directe. Tu n’es pas le seul à nous le dire cela dit. Nos influences sont assez variées, alors évidemment Radiohead, James Blake, Jungle et beaucoup d’artistes UK d’ailleurs… Et des producteurs à la Moderat/Modselektor, Floating Points… Je m’inspire pour ma part également beaucoup de la soul ou du blues pour la voix.

Cliquez sur la cover pour écouter l’EP sur Spotify
M. J’ai plongé à corps perdu dans votre univers avec Trigger. Peux-tu me raconter de quelle détente il s’agit là ?

H. Trigger c’est la détente d’un gun qu’on compare à un déclic mental. Ce moment d’explosion où la soif de liberté prend le dessus, et que plus rien ne compte à part son propre bien-être, quelque part. Agir sans pouvoir revenir en arrière. La liberté d’une oppression donc. Qui peut venir de tellement de choses différentes. C’est pourquoi il était important pour nous de l’imager déjà avec 2 situations bien distinctes dans notre clip. On pense que chacun peut se l’approprier. En tout cas on espère.

M. Le second titre qui rend votre LP inoubliable à mes oreilles s’appelle Mirrors. Par son instru incisive comme un éclat de verre, que voulais-tu raconter ?

H. Mirrors c’était, comme son nom l’indique, un peu un reflet de soi, comme si je m’imposais à moi-même une leçon, au moment où je l’ai écrit. Quand je suis arrivé ce jour là, Adrien avait composé ce beat du début, Aksel y avait calé quelque percus. Ces sons m’ont inspiré quelque chose de dur, et il nous a semblé intéressant de parler de ce phénomène.

La manière qu’on a de tendre vers quelque chose de très perso en fait, en passant à côté de moments de vie, bloqués sur nos écrans, ou notre reflet dans le miroir. On l’applique à nous aussi hein. L’instru accompagne le message et grandit avec, par cette basse vrombissante, et ce synthé qui se libère sur les refrains. La fin vient « briser le mur » comme on le chante dans les paroles, c’est une happy end, en fait :).

Ne vous inquiétez pas, FORM se portent très bien / Photo © Anoussa Chea
M. Tes textes parlent plus généralement des épreuves de notre génération avec une certaine dose de sensualité. C’était important d’engager votre LP sur ce terrain ?

H. Et oui, on est d’une génération tellement forte par son combat constant : les « traditions » à garder ou à rejeter. Les nouveautés et avancées technologiques à garder, celles à rejeter. C’est inspirant de voir comme on y réagit. Il en ressort une sorte de remise en question constante. En tout cas, il était important que le LP parle de choses qui nous tiennent à cœur, évidemment. J’avoue que sur les lyrics, j’aime à penser que j’ai laissé parler mon « inconscient ».

Des mots me venaient, selon ce qu’on créait musicalement, je me laissais aller, et je venais ensuite analyser, et y mettre une forme. C’est important pour nous de raconter des choses auxquelles les gens peuvent s’identifier. Selon leur histoire, le scénario sera différent, mais les conséquences les mêmes, peut-être :). Certains textes me paraissaient très personnels en les écrivant, mais j’arrivais à les appliquer à des choses qu’ont vécu Aksel et Adrien, aussi.

M. Vous vous êtes entourés de collaborateurs prestigieux comme La Chica, Mr. J. Medeiros et Elbi. Il parait que la rencontre avec cette dernière a été marquante, tu me racontes ?

H. Elbi, on l’a rencontré sur une soirée organisée au Pavillon Puebla, sur laquelle on faisait un DJ set (oui on en fait parfois). Elle était en live. Alors on s’est bien entendu, certes, mais elle nous a surtout mis une belle claque sur sa presta. On a vraiment adoré. En rentrant, on a écouté ce qu’elle faisait, plus en profondeur, je crois qu’elle a fait pareil pour nous. On s’est ensuite contacté pour collaborer, elle est passée à l’endroit dans lequel on composait à l’époque, dans le 95.

Et BIM, ce fût le feat rêvé tu sais? Une aprèm, des rires, du sérieux, et une fin de session happy parce qu’on avait produit un titre entier, et qui nous plaisait : Drifting. Depuis, on ne se quitte plus trop, c’est une chanteuse et productrice incroyable, qui est également une coach scénique folle, qui nous a aidé sur certaines résidences. Et puis c’est surtout une grande amie, maintenant. Love à Elbi.

M. On va bientôt se quitter, quel serait maintenant votre achievment ultime ?

H. Un feat avec James Blake? Ou avec Thom Yorke… [NDLR : Si vous nous lisez 😉 ]

M. Ma dernière question est la signature chez Arty Paris. Quelle est ta définition d’un artiste ?

H. Mmh, c’est pas simple… Comme ça on dirait un peu naïvement qu’il s’agit de création. Si tu crées, quelque chose qui te ressemble, ou pas d’ailleurs, quelque chose qui transporte des émotions, ou même un simple message.

FORM EN CONCERT

Mardi 10 décembre de 20H à 23H
Au Point Éphémère, 200 quai de Valmy, 75010 Paris
1ère partie : Merryn Jeann

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