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5 questions à Doomsquad : la weird pop canadienne qui va vous emmener très loin

En tournée européenne depuis le 13 novembre, les canadiens weirdos de Doomsquad sont de passage au 1999 ce soir à partir de 20H. Leur show multidisciplinaire va déchaîner une pop mâtinée d’esprit punk.

Ils sont trois, deux sœurs et un frère. Plus qu’un clan familial, les canadiens présentent une vision inclusive de leur pop alternative mêlée à la culture dance music. Trevor, Jacklyn et Allie Blumas s’affranchissent des carcans musicaux en revendiquant une liberté absolue, bien vivace en 2019 quand certains préfèrent la couvrir de nostalgie punk. Sous nos yeux et dans nos oreilles, ils établissent un univers empreint de DIY qui fait rimer leurs rythmiques effrénées avec des visuels surréalistes. Cette identité s’est construite en réaction à la culture dominante, qu’ils veulent infiltrer de mélodies pop au potentiel radio indéniable. Quand l’underground s’apprête à pirater le mainstream.

Weird pop, dance music et clips surréalistes

Sorti le 29 octobre, leur dernier clip Let It Go nous a fait flancher. Dans leur texte, ils défendent les lieux de vie alternatifs tout en questionnant un modèle voué à disparaître. À Saint-Ouen, on parlait encore récemment de l’expulsion de Mains d’Œuvres, mais la problématique ne se limite pas à notre petite capitale. Dès que des artistes se rassemblent en dehors des passages cloutés, le pas de côté se transforme en crucifixion institutionnelle. Dans une époque où l’art est le dernier rempart face au conformisme, leur discours d’empowerment a une saveur particulière. Doomsquad c’est un peu le V pour Vendetta du dancefloor qui veut renverser l’etablishment de kicks dansants.

Marin : Hello Doomsquad. Pouvez-vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Doomsquad : Salut la Terre, nous sommes Jaclyn, Trevor et Allie Blumas de DOOMSQUAD. Notre projet musical est une protestation, un catharsis, une reconnexion émotionnelle et spirituelle à travers la dance music et la communauté qui l’accompagne. Avec notre musique, nous espérons libérer votre corps à son niveau le plus fondamental, pour provoquer un changement, une libération et un rassemblement. Rejoignez-nous ! Nous vous y emmènerons ce soir !

M. Vous vous revendiquez comme un groupe DIY ou c’est l’époque qui le veut ?

D. On ne prétend pas être DIY. Nous le sommes devenus parce que nous n’avons pas eu d’autres choix. Nous sommes DIY à cause des circonstances. Mais c’est certainement devenu une manière de définir ce que nous sommes. Maintenant, nous le maîtrisons. Plus vous êtes DIY, moins vous êtes dépendant des autres. Fuck l’etablishment, mec.

M. Pouvez-vous me parler de votre dernier track Let It Go ? Quel en est le sens ?

D. Let It Go parle en réalité des espaces DIY, des initiatives communautaires, des coopératives gérées par des bénévoles, des squats punk et des communautés souvent marginalisées ou non-résidentes qui les occupent. La chanson aborde la menace constante face à laquelle ces lieux sont confrontés par des forces capitalistes et dominantes telles que la gentrification, la cupidité des entreprises, la rente astronomique et tout barrage mené stratégiquement.

Ces spots nourrissent et soutiennent une sous-culture diversifiée qui est donc en contradiction avec la culture dominante. « Fit in or fuck off » est leur mantra. Let It Go consiste à faire face à ces forces de changement entropique et à vous demander si vous suivez la voie des activistes en résistant le plus possible, et éventuellement en vous épuisant pendant le combat. Ou empruntez-vous une voie plus mesurée et « Let it go » pour économiser votre énergie à reconstruire autre chose. Quel chemin empruntons-nous et à quel prix ?

M. Que préparez-vous pour votre nouvelle release ?

D. On prépare la création d’une performance à la croisée de tous les arts. Musique, danse, cinéma, littérature et expérience immersive. C’est là qu’on voit l’avenir de notre projet.

M. C’est la question signature chez Arty Paris, vous n’y échappez pas. Quelle est votre définition d’un artiste ?

D. La différence entre un amateur et un artiste c’est que l’artiste S’APPELLE lui-même un artiste. Être artiste est un moyen de naviguer à travers le monde. Il s’agit d’observer, d’apprendre, de participer et de vivre.

DOOMSQUAD EN CONCERT

Mardi 19 novembre à partir de 20H
au 1999 127 rue Saint Maur, 75011 Paris

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