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Interview : Camille Delean n’attendra pas l’hiver canadien pour vous faire frissonner

Originaire de Toronto, la franco-canadienne Camille Delean a longtemps eu la bougeotte de Paris à Londres avant de poser ses valises à Montréal. Sa folk rallie tous les peuples sous le toit quotidien de son second album Cold House Burning, à paraître le 5 juin 2020. C’est limite un scandale que personne n’en ait encore parlé dans le petit milieu médiatique français. On s’efforce de rattraper l’erreur (à semi pardonnée) pour sa première interview française.

Marin : Bonjour Camille. Avant d’entrer dans le vif du sujet, pourrais-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Camille Delean : Je suis musicienne, originaire de Toronto mais plus ou moins installée à Montréal pour le moment. Enfermée, plutôt.

M. T’as sorti en 2017 ton premier album Music on the Grey Mile qui a été créé au contact de la scène foisonnante de Montréal. Tu me racontes ?

CD. Je rentrais de Londres et de Paris, où j’ai vécu quelques années. Je ne connaissais personne à Montréal, presque personne au Canada d’ailleurs, autre que ma famille. Je repartais vraiment de zéro. Au bout d’un an et demi j’en ai eu assez, et alors que je m’apprêtais à quitter la ville j’ai rencontré Michael Feuerstack [NDLR : musicien indie rock connu pour Wooden Stars], par hasard. On est devenu amis, il m’a ouvert la porte. On a repris des enregistrements commencés à Londres qui sont devenus Music on the Grey Mile. Un processus un peu improvisé, étalé sur quelques années. Et on s’est mis tout de suite au prochain album.

M. Après ton single Fault Line (Late July) sorti le 7 avril 2020, tu viens de dévoiler ton nouveau titre aux ambiances délicates Go Easy. Que voulais-tu raconter avec ce morceau ?

CD. L’histoire de Fault Line (Late July) est aussi celle de l’album, qui cherche à comprendre, tout en évitant à tout prix…cette ligne de faille, ou bien un malheur qui guette. Il faut bien alléger les choses. Go Easy est là vers la fin pour calmer, l’antidote qui invite à voir un peu plus loin. J’avais cette idée d’une mélodie qui flotte sur ce rythme lourd et un peu découpé.

M. Tes deux clips ont été tournés au milieu de cordes à linge, pourquoi cette obsession pour les draps propres ? Et plus sérieusement, pourquoi avoir opté pour cette esthétique laiteuse du duo de réalisateurs Huot & Vallentin ?

CD. L’album raconte une solitude, un monde intérieur dans tous les sens. Un quotidien qui reboucle sur lui même, où la vie ne va pas beaucoup plus loin que les tâches ménagères. Ça rappelle peut-être nos journées de ces derniers temps… mais dans Cold House Burning on est seul sur son bateau.

Dès le début j’imaginais les draps en mouvement, symbole d’entretien domestique, et un blanc étourdissant. Dans le clip de Fault Line (Late July) c’est un blanc triste, un manque de couleur. Avec Go Easy on va tout droit dans l’étourdissant, mais l’effet est aussi lumineux. Huot & Vallentin ont une approche très simple, et sont ouverts à la collaboration. J’ai besoin de me sentir à l’aise de poser des questions, de participer, d’apprendre.

M. Ton second album Cold House Burning sortira le 5 juin avec un titre particulièrement intriguant. Quel en est le propos ?

CD. Les trois mots évoquent tout ce qu’il faut pour résumer. J’avais déjà « Cold House », mais ça ne suffisait pas. « Burning » m’est venu tout à coup à la dernière minute. C’est venu compléter l’image. Une inertie qui n’en peut plus.

M. Et comme c’est la tradition chez Arty Paris, quelle est ta définition d’une artiste ?

CD. Quelqu’un qui réarrange les pièces.

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