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Interview : Arche, l’été indien qui vient de Lyon

Après avoir dévoilé leurs deux premiers singles My Only et Back to the Sun, le quatuor lyonnais installe définitivement leur microclimat estival avec la sortie de l’EP « Le A ». Cinq titres qui nous permettront de passer un hiver farniente sur leurs mélodies solaires et rêveuses.

Arthur, Josselin, Nicolas et Félix se rencontrent en 2014 autour d’un premier groupe, Phylemon, référence directe à la BD du même nom parue chez Pilote. Dans le monde conçu par Fred (non, pas celui de C’est Pas Sorcier), des îlots forment les mots « Océan Atlantique » au milieu des flots. Un doux mélange entre réalisme et absurde que la bande décline dans son nouveau projet, Arche, en intitulant leur premier EP Le A. Ainsi est née l’histoire délicieusement fantasque du groupe au croisement des arts et des courants. Mais une question reste en suspens : leur prochain EP s’appellera t-il Le T ou Le R ? Mystère et boule de gomme.

Une énergie rock, des compositions solaires, un visuel décalé

Avec les deux clips My Only et Back to the Sun, le quatuor a posé les fondations de son univers. Fait rare, le packaging du jeune groupe est suffisamment abouti pour qu’il soit souligné. Mais si leurs scénettes loufoques nous ont tapé dans l’œil, c’est sur scène qu’ils se sont révélés à nos oreilles, dans un show électrique beaucoup plus rock que leurs singles ne semblaient l’annoncer. C’est une bouffée d’oxygène à tous points de vue, dans une période plus propice à la dépression qu’aux châteaux de sable. On attend de pied ferme leur release party sur une plage de la Saône, chauffage et enceintes à balle, pour recréer le microclimat lyonnais qui nous fait tant défaut en Île-de-France.

Marin : Hello Arthur, Josselin, Nicolas et Félix. La légende raconte que votre passion commune pour la BD vous a réuni, vous me racontez ?

Arche : Oui, notamment une BD qui s’appelle Philémon. C’est l’histoire d’un jeune boy, un peu paumé (comme nous) qui navigue entre deux mondes. À savoir le monde réel et un monde complètement fantasque qui se forme sur les lettres de l’océan Atlantique. La finalité c’est qu’à la fin, on ne sait pas quel est monde le plus absurde.

Bref, c’est quand même un délire bien perché qui nous a réuni de base et qui nous a permis de démarrer notre tout premier projet.

Cliquez sur la cover pour écouter l’EP sur Spotify
M. Votre odyssée psyché nous rappelle beaucoup de sonorités entendues outre-Atlantique, quelles seraient vos références ?

A. Il y en a vraiment énormément… Déjà pas mal de vieux groupes qui nous ont donné un côté très new wave à nos débuts, notamment New Order, les Stranglers, Joy Division. Après on s’est assez rapidement écarté de ces esthétiques même si elles ont encore une grande influence. Aujourd’hui, il y a pas mal de groupes actuels qui sont une grande source d’influence comme Metronomy (notamment à leurs débuts), The Marías, Baywaves (groupe espagnol peu connu mais qui déchire), et aussi BRNS, un groupe belge extrêmement puissant.

M. Une nouvelle page s’écrit avec votre premier EP Le A, quelle en est la ligne directrice ?

A. Principalement le rêve, Le A est véritablement un EP qui est sorti de nos quatre caboches. On cherche à transmettre notre univers solaire, vaporeux et coloré. L’idée c’est de vendre un peu d’espoir et d’être un refuge aux différentes choses qui nous entourent. Montrer qu’il est encore possible de rêver dans le monde un peu froid et obscur dans lequel nous vivons.

M. Vous nous faîtes voyager avec votre mirage pop, alors si vous deviez vous produire en concert dans un spot rêvé, où ce serait ?

A. L’Olympia serait le top ! Mais plus sérieusement, réussir à avoir déjà des scènes comme le Point Éphémère sur Paris, dans des gros festivals ou jouer à l’étranger serait une énorme étape pour nous.

M. Vous avez une énergie très rock sur scène, quel est votre secret pour un gig réussi ?

A. On a une arme secrète, notre guitariste Félix. Probablement le seul mec qui arrive à se chauffer au bout de cinq secondes de concert. Et puis c’est un peu la mascotte du groupe, donc bon avec son charme et son charisme avoir un gig réussi c’est pas très difficile pour nous.

Tout n’est que partage et jouissance en live (on a testé pour vous 😉 ) / Photo © Camille Dampierre du Collectif Le Réseau
M. La dernière question est la signature chez Arty Paris. Quelle est votre définition d’un artiste ?

A. Une personne qui nage à contre-courant et qui se ne se soucie pas du regard des autres. Être artiste ne veut pas forcément dire célèbre, et on pense que c’est quelque chose qu’on ne comprend pas forcément dans notre société. On peut citer Arthur Rimbaud, qui est vraiment un mec qui nous inspire au quotidien. Il a quand même été le « killer » de la poésie française sans n’avoir été reconnu de son vivant. Et il a préféré arrêter en disant à Verlaine que le monde n’était pas assez bon pour avoir accès à son génie. Bref, encore une fois un artiste incompris…

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