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Home Ciné #01 : « Swagger », la jeunesse en Cité entre songe et réalité

Home Ciné #01 : « Swagger », la jeunesse en Cité entre songe et réalité

Amélie Delamotte

Pendant toute la durée du (re)confinement, Arty te propose ses Home Ciné, un lieu convivial où nos rédacteurs et journalistes présenteront leurs films préférés. Ceux qu’ils ont vu à 6 ans, ceux qu’ils ont découvert suite à leur première rupture amoureuse, ceux qu’ils dévorent avec un paquet de chips chaque dimanche soir depuis dix ans… Bref, tous ces films de leur vie qu’ils souhaiteraient te faire découvrir, là, maintenant.

Aujourd’hui, Amélie nous présente Swagger, d’Olivier Babinet, 2016.

Gros swag à Aulnay et Sevran

« Quels sont ces rustiques personnages qui font ici les fanfarons, si près du lit de la reine des fées ? » – William Shakespeare, Songe d’une nuit d’été.

Un documentaire au plus près de son sujet

C’est lors de ses deux années passées auprès des collégiens d’Aulnay-sous-Bois qu’Olivier Babinet verra germer l’idée de ce film. En parallèle de ses activités de scénariste-réalisateur, il anime un atelier qui, en plus d’avoir abouti sur la réalisation de huit courts-métrages avec les jeunes du collège, lui a permis de tisser les liens et récolter les témoignages qui ont ensuite donné naissance au documentaire. Swagger porte sur le sort de la jeunesse en Cité mais directement à travers le regard des intéressés. Des sujets potentiellement lourds sont abordés avec une telle sincérité et simplicité par ces onze jeunes, qu’ils permettent de simplifier le dialogue et l’échange de points de vue. Ils discutent de pauvreté, de religions, de l’amour, du style, des discriminations en tout genre, des violences, trafics et commerces illégaux…

La vérité sort de la bouche des enfants

Le groupe est très éclectique, la moyenne d’âge oscille entre l’enfance et l’adolescence, comme leurs origines sont diverses. Cette nouvelle génération issue des différentes vagues d’immigration diffère aussi par leurs religions et leurs croyances. Olivier Babinet les réunit et leur donne la parole, car ces jeunes ont des rêves et des ambitions, et sont bien déterminés à les concrétiser. Quant au titre, Babinet l’explique par la sur-utilisation de « swag » par les jeunes d’Aulnay, par curiosité envers ce mot qui semble se décliner à l’infini dans leur vocabulaire («swaggance », « swagologue », entre autres). Il entreprend de se renseigner sur son origine et découvre qu’il provient de « swagger » dont la première trace écrite est affiliée à Shakespeare dans Songe d’une nuit d’été.

Voir aussi

Entre songe et réalité, Swagger trouve son rythme au gré des silences, de l’humour et des provocations, faisant de lui un objet honnête, parfois dur comme toute vérité, mais résolument plein d’espoir et de respect.

SWAGGER

Réalisé par Olivier Babinet
Avec Aïssatou Dia, Mariyama Diallo, Abou Fofana
Actuellement disponible sur Netflix et Universciné

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