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L’excursion photo de Pauline Maure au cœur du Guatemala

En dehors des circuits touristiques, Pauline Maure a saisi les couleurs locales du Guatemala dans toute leur chaleur et leur vérité. Son exposition est à voir jusqu’au mardi 1er octobre à la Galerie du Pop-Up du Label.

Quand Pauline Maure est partie rejoindre une amie qui se mariait au Guatemala, personne ne pouvait prédire qu’elle reviendrait avec un tel photo-reportage. Prenant la tangente une fois son devoir accompli, la jeune artiste est allée à la rencontre du peuple guatémaltèque pour battre en brèche les tropismes habituels. Ici, pas de plages à perte de vue ou de vestiges coloniaux. Mais des locaux photographiés à la faveur d’un sourire, des chiens errants à la recherche d’un bout d’ombre, et une réalité aussi lumineuse que les rayons de soleil du midi.

Le reste de l’année, Pauline étudie le cinéma expérimental à Venise

Ici et là, la photographe s’attelle à faire émerger les formes géométriques naturellement présentes, parmi lesquelles la vie rustique et discrète des habitants bat son plein. On a l’impression d’être le spectateur privilégié d’une beauté quotidienne, qui sous le regard de Pauline prend une dimension onirique et contemplative. Il y a, dans certaines quêtes de sens vaines, tellement de recherche et de complexité qu’on en oublie l’essentiel : le pouvoir inégalé de la simplicité.

Marin : Hello Pauline, peux-tu te présenter en 3 emojis ? Tu nous expliques leur signification ?

Pauline : 👹 parce que c’est un monstre, mais un monstre qui sourit.
💀 parce que vanitas vanitatis.
🌞 parce que j’ai toujours voulu penser que le soleil avait un visage.

Marin : Quelle couleur reflète ton humeur du moment ?

Pauline : Jaune fluo, parce que ça réfléchit la lumière.

Marin : Allez, on devient un peu plus sérieux. Tu pratiques la photo et le cinéma expérimental à Venise, tu nous racontes ?

Pauline : Comme tout ce que je préfère dans la vie, ça s’est fait un peu par hasard ! Je faisais déjà de la photo depuis longtemps (j’ai commencé avec un vieil argentique qui pesait une tonne quand j’étais au lycée en Roumanie), et j’avais fait un mois de filmmaking à Prague. À ce moment-là, j’ai entendu parler par des amis de l’université d’architecture et de design de Venise, j’ai tenté ma chance et j’ai été prise dans leur formation en arts vidéo. Je me suis donc retrouvée avec des artistes italiens à faire des installations vidéo, en italien, ne parlant pas italien moi-même… Un peu absurde mais génial. J’ai découvert la liberté infinie du cinéma expérimental et le côté très conceptuel qui a complètement résonné avec ma formation initiale en philo de l’art. Là je retourne à Venise pour filmer mon projet sur la Disparition des oracles, pour une installation vidéo qui sera exposée en décembre, j’ai hâte [NDLR : nous aussi 🙂 ].

Marin : Qu’est-ce qui t’as poussé à partir au Guatemala plus qu’ailleurs ?

Pauline : Au départ pas du tout pour un reportage photo ! mon ancienne coloc’ des USA est guatémaltèque et se mariait à Antigua un 28 décembre. Je suis allée à la fête et puis je suis partie un mois en vadrouille dans le pays. Je ne parlais pas espagnol et je n’avais absolument pas prévu mon voyage, ça a été plutôt rocambolesque. Ce que j’avais prévu en revanche, c’était une vingtaine de pellicules couleur et un petit appareil photo indestructible qui m’a suivie partout, jusque dans une grotte et au sommet d’un volcan, merci à lui (rires) ! Parmi mes meilleurs souvenirs, un billard sous un toit de palme dans la jungle au nord du pays, aussi parce que j’ai gagné toutes les parties ce soir-là…

Marin : Quels éléments vont te taper dans l’œil pour composer ton cadre ?

Pauline : Je suis un peu obsédée par les angles droits, les formes géométriques, et les compositions inspirées de la peinture traditionnelle. Ce qui me frappe d’abord dans ce que je regarde ce sont les lignes, les blocs d’ombre et de lumière, l’équilibre entre les formes. Je ne prends en photo que les choses telles que je les trouve dans le paysage, je ne fais pas de composition ou de travail de studio. J’aime bien le côté terrain et reportage qui demande d’être 100% attentif à tout ce qui se passe autour de soi. Du coup quand je prends des photos, je suis dans un état hyper contemplatif et un peu monomaniaque, donc complètement antisociale. D’où les voyages en solitaire. D’ailleurs mes premières photos ne représentaient que des objets, jamais des personnes. La plus grande évolution dans mon travail c’est que je m’intéresse maintenant à la façon dont les sujets vivants s’intègrent dans le paysage.

Marin : Tu nous montres ta photo préférée de la série ?

Pauline : Il y a un contraste entre le mouvement des personnages qui indiquent une direction vers l’avant, le chien qui se retourne, la pierre immobile, et l’appareil qui regarde vers le sol.

 

Marin : On termine par la question signature où tout le monde se casse les dents chez Arty Paris. Ce serait quoi ta définition d’une artiste ?

Pauline : Aïe aïe aïe, justement quelqu’un qui ne se définit pas ?

On adore, merci Pauline d’avoir répondu à nos questions.
GUATEMALA

Jusqu'au mardi 1er octobre
La Galerie du Pop-Up du Label, 14 rue Abel 75012 Paris
Entrée Libre

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