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Ariel Sun : L’été n’a pas dit son dernier mot

 

Férue de voyage et de dessin, l’illustratrice sino-américaine Ariel Sun prolonge nos vacances à travers des scènes lumineuses et colorées.

Que l’on soit au beau milieu d’une partie de pétanque ou d’une séance de bronzette sur la dalle brûlante de la piscine, une affreuse pensée finit toujours par s’immiscer : mais quel jour sommes-nous ? Tandis que les derniers aoûtiens ont quitté la capitale, l’été semble déjà toucher à sa fin pour d’autres. La peau tannée de sel et de soleil, on rentre plus ou moins reposé, mais jamais tout à fait rassasié des vacances. Les cartes postales retrouvées devant la porte, les grains de sable au fond des sacs de plage mal secoués, le numéro d’un flirt d’été coincé entre deux pages de mots fléchés… On défait ses valises avec une pointe de nostalgie.

L’illustratrice Ariel Sun capture l’ambivalence des fins d’été dans ses dessins minimalistes aux à-plats de couleurs sans nuances. Le contraste de l’ombre et de la lumière ouvre un grand vide à emplir de rêves, d’espoirs et d’envolées imaginaires. Voilà qui tombe à pic pour prolonger les vacances.

Ariel Sun jongle entre ses missions de designer pour des marques et des entreprises (Wix, New York Yankees, Gridi, Help Scout), et ses projets personnels d’animation et d’illustration. Ses dessins aux titres évocateurs (Party is over, Midsummer night’s dream, The Smell of summer) saisissent des scènes à première vue inanimées auxquelles un détail vient toujours donner leur pulsation. Ces odes à une immobilité débordant d’un désir de vie agissent comme un appel inavouable à l’imagination.

Cette fascination pour les espaces vides, Ariel Sun la tire du modèle chinois du shanshui, une peinture qui transmet, au creux du paysage représenté, un souffle d’énergie. L’association brutale de couleurs vives avec des ombres marquées fait éclore un vide dramatique, que notre esprit s’empresse de combler d’histoires.

Pour trouver l’inspiration, Ariel Sun s’empare de tout ce qui l’entoure et photographie les objets, les paysages, les compositions et les effets de lumière. Elle insuffle ensuite dans ses dessins cet infime équilibre entre la moiteur tranquille de l’été, et le sentiment vibrant que quelque chose a eu lieu ou est sur le point d’advenir. Mais quoi ? À chacun, semble suggérer l’illustratrice, de se saisir de cette invitation au voyage et d’animer ses dessins en leur prêtant ses propres battements de cœur.

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