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Quels artistes nous ont tapé dans l’œil au Festival Hop Pop Hop ?

Dédié aux pointures de la scène indé, le Festival Hop Pop Hop a programmé pour sa troisième édition trente-cinq artistes dont on n’a pas fini d’entendre parler. Retour sur un événement aussi éclectique qu’exigeant.

Orléans n’a pas de quoi rougir face au mastodonte régional qu’est le Printemps de Bourges. Avec le festival Hop Pop Hop, les programmateurs de l’Astrolabe nous ont proposé un week-end festif où se mêlaient hip-hop, rock et électro, sur plus de six scènes disséminées dans le centre-ville. Avec comme point de rassemblement l’idyllique Jardin de l’Évêché, les puristes comme le grand public ont pu profiter d’une scéno idéalement située entre l’imposante cathédrale et les rues médiévales en serpentin.

Naviguant entre les différentes chapelles de la teuf, nos reporters ont été bluffés par le live débridé de Kiddy Smile, le r’n’b électronique de Juicy, l’électro pop sensible de Malik Djoudi, l’afro-pop engagée de Baloji, et les percussions techno de Dario Rossi. Car à défaut de locomotives rutilantes, le Hop Pop Hop met en lumière le nec plus ultra des artistes émergents, ceux qui feront à n’en pas douter 2019. Quelles sont les futures reustas repérées du 14 au 15 septembre ?

Kiddy Smile

Celui qui a électrisé l’Elysée pour la Fête de la Musique avec un t-shirt « Fils d’immigré, Noir et pédé » n’a pas démérité au Festival Hop Pop Hop dans un show étincelant. Figure du voguing et militant LGBT, Kiddy Smile nous a kické avec ses tubes house « Let A B!tch Know » et « Dickmatized ». Comme il l’explique lui-même : « Le voguing c’est avant tout la danse de la culture ballroom, ces sanctuaires où tu peux être toi-même, où ceux qui sont rejetés peuvent trouver une place. ». Le sanctuaire a pris place au Jardin de l’Évêché, et dieu sait combien on s’en souviendra.

Juicy

Le duo belge Juicy, performeuses hors pair d’un r’n’b féministe et décalé, ont pris d’assaut la cour du centre associatif le 108. Les good vibes des chanteuses ont rapidement irradié le public massé autour de la petite scène du 108. À nos côtés, des familles venues chiller, des festivaliers bières en main, et des aficionados de la première heure… Tous réunis dans la communion collective des titres « Count Our Fingers Twice », « Die Baby Die » et « GHB ».

Malik Djoudi

Une production électronique lancinante et une voix androgyne, voilà la recette gagnante de Malik Djoudi. Livrant un concert hypnotique sur la grande scène, le chanteur a fait monter le mercure dans des compositions rappelant Étienne Daho et Blonde Redhead. Quand il s’adresse au public, c’est pour nous remercier d’une tonalité grave et timide, comme pour s’excuser de nous avoir emmené aussi loin dans les sphères de la sensualité. Son album « Tempéraments » prévu pour mars 2019 risque d’en étourdir plus d’un.

Baloji

Le hip-hop métissé de Baloji a fait mouche dans une scéno rafraîchissante, entre lyrics engagés, choré dépaysante, et sapes du plus bel effet. Son hit « L’Hiver Indien » nous a emmené loin des vieilles pierres orléanaises, au-delà de sa Belgique d’adoption, vers les airs du Congo qui l’ont vu naître. Le sorcier zikos évoque son déracinement et la terre qui l’a vu naître, dans un savant mélange entre pop, funk et hip-hop. Une découverte profondément attachante.

Dario Rossi

Terminons avec la révélation puissante et saugrenue du Hop Pop Hop 2018 : Dario Rossi. Le batteur italien utilise des couvercles, casseroles, et objets en tous genres pour produire une techno à couper le souffle. Assis à même le sol dans une semi obscurité, le romain se donne à corps perdu dans un live fracassant, trempé de sueur, essoufflé dans un tunnel de son. On est rarement sorti aussi hagards d’un show ménager.

HOP POP HOP - ÉDITION 2019
Avec Irène Dresel, Catastrophe, Ambeyance, Ouai Stephane

Du vendredi 13 septembre au samedi 14 septembre 2019
Orléans, France | À 1H en train de Paris
Pass 2 Jours à 14€ | Billetterie

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