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De Pedro Almodóvar à Xavier Dolan, notre palmarès du Festival de Cannes

Quels films se sont distingués au Festival de Cannes 2019 ? Alors que la 72ème édition s’achève, le scénariste et réalisateur Alban Ravassard revient pour Arty Paris sur la compétition à travers son palmarès.

Après plusieurs éditions compliquées, le Festival de Cannes 2019 a su tirer les erreurs du passé en jonglant entre de véritables découvertes, les vieilles branches, et un défilé incessant de stars. Alors oui, la palme d’or d’Honneur remise à Alain Delon a suscité quelques débats houleux, une pétition lui reprochant son comportement à l’égard des femmes, ses propos contre les homosexuels et sa sympathie pour l’extrême droite. Les polémiques mises à l’écart, les 21 films en compétition officielle ont mis tout le monde d’accord. Et pour cause : 2019 était un grand crû.

Pour nous en parler, Alban Ravassard prend le mic’ chez Arty Paris. Scénariste et réalisateur parrainé par Philippe le Guay, Alban s’est distingué avec son court métrage « L’Appel » (32 prix en festival et diffusion sur Ciné+ Frissons), qu’il adapte actuellement en long métrage sous le titre de « Reflets ». Co-scénariste de Geneviève Delouche, le court métrage « Inégalité des Chances » peut aussi se targuer également d’un hit-parade conséquent (43 sélections, 12 prix, 55 fois la classe), tandis qu’il assure la présidence de Séquences7, l’association des scénaristes émergents. Un cinéaste bourré de talents autant qu’un cinéphile de passion. Bon du coup, le Festival de Cannes, on en retient quoi ?

Palme d’Or : « Douleur et Gloire » de Pedro Almodóvar

Le retour au sommet d’un grand maître de cinéma. Beauté, émotion, mélancolie et souvenirs se mêlent avec maestria. Film autobiographique, film somme. S’il fallait une occasion de donner une palme d’or à Pedro Almodóvar, en voilà une. Et Banderas est impérial. Quel chef d’œuvre !

Palme Arty : « Une vie cachée » de Terrence Malick
par Marin

Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Terrence Malick abandonne définitivement une forme classique de cinéma tout en renouant avec un sujet historique – qu’on n’avait plus revu depuis « Nouveau Monde » (2005) et « La Ligne Rouge » (1998). Le réalisateur nous demande beaucoup de patience… Mais pour quel résultat émotionnel.

Grand Prix : « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma

Un vrai slow-burner aux plans sublimes qui infuse lentement mais sûrement. Tout est question de regard – et le regard est autant le vecteur du désir que la porte des souvenirs, le choix du poète comme dit dans le film. Et, il faut le souligner, un immense travail sonore sur les voix et le mixage.

Prix du Jury : « Parasite » de Bong Joon-Ho

Parasite est admirablement mis en scène. Absolument brillant sur le fond et la forme jusqu’à ses 2/3, je suis un peu moins convaincu par la dernière partie qui tombe dans la surenchère. Le casting est parfait et la critique sociale acerbe, dans un premier temps franchement drôle puis carrément malaisante. Un grand film mais pas un chef d’œuvre selon moi, malgré une séquence finale très puissante.

Prix de la Mise en Scène : « Once Upon a Time… in Hollywood » de Quentin Tarantino

« Once Upon a Time… in Hollywood » est un bijou de mise en scène, mélange les genres, est très drôle et donne à Brad Pitt un de ses meilleurs rôles depuis longtemps. Mais la structure du film est parfois un peu confuse, ce qui brouille le message du film. Mais le final est jouissif, émouvant et sublime. Fait étrange et agréable, on aime de plus en plus le film après la séance.

Prix du Scénario : « Matthias et Maxime » de Xavier Dolan

« Matthias et Maxime » de Xavier Dolan, le film de la maturité. Quelques tics de mise en scène nuisent encore un peu à l’ensemble mais une histoire simple et belle. Prix du scénario ? Et pourquoi pas…

Caméra d’Or : « Les Misérables » de Ladj Li

Le fondateur de Kourtrajmé a attendu dix ans pour réaliser son film. Dix ans la rage au corps, la caméra au poing, pour un portrait percutant de la jeunesse des banlieues. Dans le pur héritage de La Haine, Ladj Li a secoué la critique, les festivaliers, et propulsé sa carrière sous les projecteurs cannois.

Merci Alban 🤗

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