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Le réalisateur Julian Starke a compilé 25 ans de French Touch dans un projet dingue

Regroupant à la fois un documentaire, une websérie, un site interactif, et une tournée de concerts, French Waves rend hommage à la French Touch par un concept transmédia ambitieux.

À seulement 27 ans, Julian Starke est devenu le prince de la French Touch. Ex-vidéaste attitré de Pain Surprises, le réalisateur a interviewé les têtes d’affiche de ces 25 dernières années avec la bénédiction de Pedro Winter : Laurent Garnier, Cassius, Breakbot, Rone, Para One, Fakear… Cerise sur le gâteau, son pote Jacques Auberger (oui, Jacques) a participé à l’écriture avant de s’imposer dans les charts radio. Qui a dit casting XXL ?

French Waves a obtenu le soutien du CNC, Unifrance, la Sacem et CStar.

Soutenu par le fonds d’aide du CNC, le docu est la pierre fondatrice du projet. Sans jamais tomber dans une vision passéiste, Julian brosse l’histoire d’un mouvement alternatif plus que jamais vivant, de la naissance des premières raves jusqu’au plébiscite international. Il raconte comment la nouvelle génération s’est emparée de l’héritage électro pour le perpétuer à sa manière, ou la success story qui réchauffe nos petits cœurs chauvins.

Place maintenant à la fête. Après une tournée mondiale de vingt dates, Julian présente une formule mêlant masterclass, projo, et clubbing dans toute la France. De passage en backstage, on a rencontré l’équipe pour poser quelques questions.

Marin : Hello Julian. Quelle musique définirait ton mood du moment ?

Julian : En ce moment, j’écoute plus de musique chantées : rap, r’n’b et hip hop. Je sais pas vraiment pourquoi d’ailleurs, je pense que j’ai besoin de m’aérer.

M. Est-ce que tu peux te présenter en trois hashtags ?

J. #Inclusif : Parce que j’aime toujours faire de la place pour les nouveaux venus dans la team. Ça me fait plaisir que les gens prennent du plaisir aux soirées qu’on fait ou en voyant les films que je réalise.

#Borné : C’est une nécessité quand tu veux accoucher d’un projet, que t’es le seul à visualiser et que tu veux partager avec le plus de gens possible.

#Enfantin : J’aime bien m’émerveiller de trucs simples, parfois débiles même… Mais je pense que c’est comme ça que t’arrives à voir les bonnes choses de la vie.

Le fauve Para One était lâché © Idriss Arin
M. T’as co-fondé le collectif Pain Surprises dont t’étais le vidéaste attitré, et réalisé des clips pour Kartell, La Femme et Superpoze. Ça t’as mis le pied à l’étrier ?

J. Réaliser des clips c’est génial ! Quand l’alchimie se crée avec l’artiste, t’as une liberté de travail rare. Pas besoin d’histoire, pas besoin de cohérence, juste des sensations. Ça fait toujours plaisir de bosser comme ça.

Pour moi la musique c’est ce qu’il y a de plus pur. Quand j’ai l’occasion de m’exprimer sans trop de règles, je fonce.

M. Comment pichterais-tu ton projet transmédia à un enfant de 10 ans ?

J. Hmm… Bonne question. Je pense que je dirais : « C’est une histoire de la musique électronique en France avec les papas et les plus jeunes. ».

À mon avis on a pas besoin de leur expliquer la dimension transmédia, c’est plus eux qui peuvent nous apprendre des choses à ce sujet.

On s’en est pris plein les yeux et les oreilles © Idriss Arin
M. Tu filmes la nouvelle garde française avec Fakear, Superpoze et Jacques. Quelle anecdote de tournage t’as particulièrement marquée ?

J. Un truc dont je suis assez fier, c’est la scène où ils sont tous les trois chez Superpoze.

Jacques qui est un pote d’enfance venait de sortir son disque (NDLR : Il a co-écrit le documentaire). On ne savait pas du tout si ça allait prendre, mais il m’avait tellement aidé pour le projet que pour le remercier je me suis senti obligé de l’inviter à y figurer.

Puis au fil du tournage, il n’a pas seulement gagné sa place dans la scène électronique, il est devenu indispensable au documentaire. D’ailleurs Jacques et Superpoze ont sorti un EP ensemble, ça fait plaisir.

M. Tu fais dialoguer les générations devant ta caméra, mais tu les réunis aussi par la pluralité des diffusions (TV et web). C’est une ambition qui te tenait à cœur ?

J. C’est tout l’enjeu du projet. Grâce à mon producteur je me suis posé beaucoup de questions sur les formats. En étant honnête avec moi-même, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas que la salle de cinéma qui m’intéressait.

Comme beaucoup de gens, je passe du temps à mater des clips, des vidéos, écouter de la musique en stream, pirater des films. Mais je sors aussi à des soirées ou des concerts.

J’ai réfléchi à comment je pourrais être intéressé par mon projet : c’est là que les différents supports sont devenus indispensables.

Deux générations réunies © Idriss Arin
M. Dans un reportage sur ABC, David Guetta a été décrit comme l’importateur de la House Music aux États-Unis. À quand la saison 2 de French Waves sur un network américain ?

J. Ce serait cool (rires) ! J’ai remarqué qu’aux États-Unis ils ne savent pas que la House Music et la Techno viennent de chez eux. Pour eux, c’est un truc d’Européen.

En ce moment je travaille sur un autre projet, mais je suis ouvert s’il y a des gens qui veulent reprendre le flambeau pour un second volet. J’aiderais volontiers.

M. Plus sérieusement, French Waves est actuellement en tournée à travers la France. Pourquoi avoir choisi de la produire dans des clubs et pas des cinémas ?

J. Encore une bonne question (rires) ! Plus la tournée avance, plus on essaie de placer le film dans des cinémas. C’est mieux pour la diffusion en terme technique, mais surtout que les gens voient le film d’une autre manière.

On n’a pas vraiment de distributeur, donc c’est un peu laborieux : ça prend beaucoup de temps…

French Waves, for ever © Idriss Arin
M. Pour terminer, qu’est-ce qu’on te souhaite pour 2019 ?

J. Je suis en train d’écrire mon premier long métrage, un film sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte dans l’univers du skateboard.

J’espère que 2019 sera une belle année pour tous ces projets !

FRENCH WAVES - LE TOUR

avec AZF, Chloé, Arno N'Joy
Samedi 30 mars, à partir de 23H
au Chato'do (Blois)

Evénement Facebook
En voiture Simone : French Waves est actuellement en tournée à travers toute la France : les informations sur Facebook.