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Pourquoi la saison 4 de « Dix pour cent » est loin de nous avoir convaincus ?

Pourquoi la saison 4 de « Dix pour cent » est loin de nous avoir convaincus ?

Camille Castres

Attendue comme peu de séries françaises le sont, la Saison 4 de Dix pour cent se révèle décevante. La série, lancée en 2015, est dépossédée de son panache, ce mélange de hardiesse et d’auto-dérision jubilatoire qui faisait son succès. Le départ de la showrunneuse Fanny Herrero y est pour beaucoup, avec un scénario moins bien rythmé et des dialogues qui nous laissent sur notre faim.

La magie est partie ! Seule solution : se réconforter en binge watchant les trois premières saisons. Celle-ci a dû plonger de nombreux spectateurs (et la grande fan que je suis) dans un désarroi intersidéral. Comme pour la cuisine, une série télé relève d’une certaine alchimie dans le choix des ingrédients qui donneront aux spectateurs de quoi se régaler. La créatrice et showrunneuse des précédentes saisons, Fanny Herrero, possède l’étoffe d’une grande cheffe. N’étant pas aux manettes de ce quatrième volet, elle a laissé place à de nouveaux réalisateurs qui ont créé une saison ayant perdu ses accents piquants tout en dévoilant de réelles faiblesses scénaristiques.

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Dix pour cent, c’est quoi exactement ? Avant tout, un ton ! Cet esprit très parisien, ascendant bobo, dont l’autodérision est revendiquée, faisait le sel de cette série grand public où s’agite le microcosme d’une agence artistique. On adorait particulièrement Andréa Martel, dans son rôle d’impresario super vacharde qui savait dégainer une réplique aussi cinglante que drôle. La saison 4 a définitivement fait perdre son côté irrévérencieux au point de réduire Andréa, devenue mère d’une petite fille, en porte-parole de la monoparentalité.

Dans la foulée, on comprend que le charme de cette série, qui tenait aussi à des scénarios bien huilés avec des dialogues sur mesure, n’opère plus comme avant. Les situations créées pour des acteurs comme Isabelle Hupert, Nathalie Baye ou encore JoeyStarr, jouant leur propre rôle, relevaient d’un véritable travail scénaristique. Leurs péripéties, dont le rythme effréné mettait l’eau à la bouche, alimentaient les mésaventures de leurs agents. En saison 4, le scénario n’est plus qu’un prétexte pour montrer des stars à l’écran, où le côté sensationnel prime, par exemple en conviant l’Américaine Sigourney Weaver qui semble avant tout faire son show pour témoigner qu’elle ne fait pas ses 71 ans.

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Émoussé, le rythme est au diapason de dialogues peu alléchants. Dans cette comédie humaine, on aimait surtout ses personnages aussi attachants que complexes, dont l’évolution ne versait pas dans la caricature. Mais la saison 4 n’a pas joué la carte de la finesse psychologique. Les rumeurs, qui allaient bon train, affirmaient que la saison 4 était l’ultime. Avant que Dominique Besnehard, dont la vie d’agent a inspiré la série, évoque l’idée d’un épisode de clôture, au format film. Espérons qu’il en soit ainsi pour qu’on se réconcilie avec l’une séries les plus addictives.

DIX POUR CENT
Avec Camille Cottin, Grégoire Montel, Laure Calamy, Nicolas Maury
La saison 4 est disponible en intégralité sur France TV.

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