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Crush au festival les 3 Éléphants

Chaque festival compte son lot de petites histoires qui participent à leur charme. On vous raconte notre coup de foudre pour les 3 Éléphants à travers un crush arty. Elle est une journaliste parisienne accréditée. Il est étudiant lavallois qui sort avec ses amis. À la faveur d’un orage, ils vont se rencontrer.

(Elle) Départ de Paris, 9h16.

Putain de réveil qui n’a pas sonné. Faut vraiment que je me rachète un portable. Bon, j’enfile un truc vite fait, bottines, mascara, clopes, appareil photo et c’est parti. Direction la Gare Montparnasse pour aller à Laval, le train est annoncé avec 30 minutes de retard. Pour une fois, je peux remercier la SNCF  ! Je m’installe, et branche mes écouteurs sur mon smartphone. « Like boys » d’Hyphen Hyphen se joue. Soulagée, je checke mon planning d’interviews au festival des 3 Éléphants. En moins d’une heure trente, je suis arrivée.

(Lui) Crawl à Laval, 11H15.

Ce n’est pas tous les jours qu’on se lève avec le sourire. L’odeur des crêpes de ma mère me tire du lit. À moins que ce soit les basses de la musique qui résonnent depuis la rue. J’enfile mes Stan Smith, je glisse mon pass « Festival de la Région » dans la poche de mon jean. Aujourd’hui je me rends aux 3 Éléphants pour chiller entre potes. Au programme : Roméo Elvis, Moha la Squale, Rone, et Molécule. Je descends à la piscine Saint Nicolas pour rejoindre ma bande. Entre deux crawls, on s’ambiance sur le set de la Mverte, à la fraîche.

Le décor grandiose de la Tour Renaise.
(Elle) Premier concert, 17H05.

J’arrive à l’hôtel où je dépose mes affaires : c’est seulement pour une nuit. Je me rends à l’esplanade du Château-Neuf pour patienter avant les concerts. Plusieurs compagnies d’art de la rue s’exaltent et exultent leur joie de vivre devant un public ébahi. Je capture ce moment avant de retourner dans le vif du sujet. Direction la Tour Renaise pour photographier Lonepsi dans une carrière en plein air.

J’arrive à me faufiler entre les têtes pour trouver l’angle parfait. Plic, ploc. Une goutte sur mon objectif, puis deux, avant la déferlante propre au Pays de la Loire. Lonepsi et son co-producteur Katuchat remballent après un set intense mais écourté. J’en fais de même avec mon appareil que je glisse sous mon long manteau gris.

Lonepsi avant la pluie.
(Lui) Bières en plein air, 17H30.

On se dirige vers le village, au cœur de la cité médiévale de Laval. Au pied des remparts, on se prend une bière face au DJ Set de Chatoune x Erwan Perron. L’air est lourd, on aimerait piquer une tête dans la Mayenne. Les stands joyeusement décorés nous tendent les bras.

A peine le temps de déguster un hot dog frites, que le ciel s’obscurcit dangereusement. Une belle averse nous tombe dessus, on n’en demandait pas moins. Un speaker nous indique « de nous diriger calmement vers l’arène ». Au sec et au chaud, on attend que la fête reprenne dans une ambiance électrique.

On découvre de nombreux artistes sur la scène locale.
(Elle) À l’abri, 19H52.

Je m’arrête prendre que le café que je n’ai pas eu le temps de prendre jusqu’à maintenant, et je me dépêche de rentrer dans l’enceinte du festival. Le tonnerre gronde, il pleut à verse. La sécurité nous envoie dans l’arène nous mettre à l’abri, et refuse que nous sortions tant que l’orage ne s’est pas calmé. Je me retrouve coincée avec des milliers de festivaliers alors que je dois shooter les artistes.

Je m’imagine à quoi ressembleront les rockeurs de The Legendary Tigerman, bruts et intenses. J’accepte mon sort en photographiant les fêtards. L’œil dans le viseur, j’aperçois au second plan un garçon assez charmant qui me sourit. On nous annonce que la pluie s’est calmée, la foule se dirige vers les portes de sortie. Je le perds de vue.

The Legendary Tigerman donne du rock à retordre.
(Lui) Il fait chaud, 22H15.

J’ai repéré cette photographe, appareil en bandoulière. Mon eye-contact passe à travers son objectif. Mes potes cassent le plan en me tirant à l’extérieur de l’arène : les concerts ont repris. Moha la Squale pulse son énergie brute, et passe quelques notes de Snoop Dogg reprises en chœur. Roméo Elvis balance son flow bruxellois et met le feu au public français.

Je n’oublie pas Rone, qui d’un live habité nous envoie sur une autre planète. Et puis là, je la vois. Pas loin de la scène Grand Club où le meilleur des groupes alternatifs se produisent. Elle a retiré ses bottines, complètement noyées. Sans réfléchir, j’enlève mes Stan Smith pour lui donner. Elle me voit, puis me sourit. À ce moment-là, impossible de dire quel groupe passe sur scène. C’est « Hypnotize U » de N.E.R.D. qui résonne dans ma tête.

Le live machine de Molécule tabasse.

Une fois les interviews terminées, les potes rentrés, les deux tourtereaux ont partagé un moment de communion musicale à Laval. On ne sait pas ce qu’ils se sont dits, le closing de Molécule recouvrait leurs paroles. Leurs sourires, eux, en disaient longs. Les 3 Éléphants incarne cette fusion de publics, de genres, mêlant passionnés de tous horizons. Ils se sont donnés rendez-vous pour l’édition 2019, et se retrouveront entre temps à Cabourg. Il y passe les vacances chez sa tante. Elle couvrira le festival Cabourg Mon Amour. Une (love) affaire à suivre…

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En dehors des scènes, les arts circassiens remplissent la ville.
Déguisés, la fête est plus folle !
Des champignons poussent en bas de la muraille du vieux Laval.
Texte par Yseult Renard et Marin Woisard | Photo de couverture par Max Rousseau