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Réouverture des cinémas : quels films ne faut-il pas louper cet été ?

Suite aux annonces d’Edouard Philippe, les salles obscures ré-ouvriront le 22 juin dans toute la France. Quels sont les films immanquables à aller voir cet été ?

Depuis le 15 mars, les cinémas de quartier affichaient porte close, les cinéphiles ponçaient leur catalogue Netflix de fond en comble, et la déprime commençait à s’installer. Après 100 jours sans cinoche, quels films doit-on aller voir à partir du 22 juin ? Déjà, tous ceux qui étaient à l’affiche au moment des annonces de confinement, et que seuls quelques irréductibles ont pu voir. On recommande plus particulièrement la jolie fable féministe de Marjane Satrapi, Radioactive, dont on avait sorti une critique plus que jamais d’actualité. D’autres préfèrent jouer la carte de la sécurité en repoussant leur date de sortie, dont le très attendu Effacer l’Historique de Benoît Delépine et son acolyte Gustave Kervern, que son distributeur Ad Vitam Distribution a annoncé pour le 23 décembre.

Le 22 juillet, Christopher Nolan lancera la saison avec Tenet, son nouveau thriller d’espionnage tourné aux quatre coins de la planète qui aurait coûté la bagatelle de 205 millions de dollars. Premier gros embouteillage à prévoir avec la version live-action de Mulan qui est pour l’instant placée à la même date. On te parlera dans peu de temps du pari étonnamment très réussi de Disney, qu’on avait pu découvrir avant la quarantaine sur invitation de la firme aux grandes oreilles. Le film est sensiblement différent de l’animé de notre enfance, en proposant une relecture féministe, guerrière et spectaculaire de la légende chinoise. Après des semaines sans cinéma, on ne cache pas notre surprise face à ce choc des titans entre la Warner Bros et Disney, alors que les dates alternatives ne manquaient pas. Et ce n’est que le début.

Une saison dédiée aux blockbusters estivaux

Second embouteillage prévu le 12 août (à croire que les distributeurs font exprès). C’est un frontal entre Wonder Woman 1984 où Diana affrontera Max Lord et Cheetah dans les années 80, et Peninsula de Sang-Ho Yeon qui fait suite au génialissime Dernier train pour Busan dans un Séoul infesté de zombies. Le premier devrait jouer la carte de la sulfateuse marketing, tandis que le second devrait profiter d’un bouche-à-oreille favorable. Enfin, ultime bouchon le 26 août (ça aurait été trop beau). Cette fois, c’est le blockbuster ricain Les Nouveaux mutants dérivé de l’univers des X-Men, patate chaude que la Fox a refilé à Disney lors de son rachat, face à la production hexagonale Petit Pays qui adapte le best-seller de Gaël Faye, se déroulant pendant le génocide des Tutsis au Rwanda.

On termine notre tour de table avec les films d’auteur. Le 15 juillet est attendu le road-trip en terres algériennes Abou Leila d’Amin Sidi-Boumedine, qui s’était fait remarquer à la Semaine de La Critique du Festival de Cannes en 2019. On enchaîne avec Brooklyn Secret, un drame new-yorkais de la cinéaste trans Isabel Sandoval, dont la sortie devrait se placer en juillet sans plus de précisions pour l’instant. Récompensé du Grand Prix au festival LGBTQ+ Chéries-Chéris, le film raconte l’histoire d’Olivia, immigrée philippine trans, qui est censée organiser son mariage blanc avec un Américain. Toujours dans le flou du mois de juillet, notre rédaction a pu voir Benni de la cinéaste allemande Nora Fingscheidt, chronique âpre d’une petite fille violente aux mains des services sociaux.

Abou Leila, Brooklyn Secret, The Climb : le cinéma indé en position de force

Enfin, annoncé pour le 29 juillet, la bromance réjouissante The Climb du réalisateur américain Michael Angelo Covino vaut son pesant de cacahuètes. Avant de clôturer notre été cinéphile le 26 août avec le drame intimiste Dans un jardin qu’on dirait éternel du réalisateur Tatsushi Ōmori. Il s’agit du dernier film de l’actrice japonaise Kirin Kiki décédée en septembre 2018 (Still Walking, Les Délices de Tokyo, Tel père, tel fils), qui interprète ici l’exigeante Madame Takeda enseignant les traditions de la cérémonie du thé. Ces deux mois de cinéma porteront la marque plurielle du cinéma indépendant, auxquelles les majors ont laissé un boulevard en déplaçant leurs sorties pour rôder leur campagne marketing. De quoi passer un été haut en couleurs.