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[Arty Airlines] Le beatmaker Clem Beatz nous raconte son road-trip en Australie

© Illustration : Elea Delhoum / DA : Marie Woisard

Jeune prodige français du beatmaking, Clem Beatz s’est forgé une solide réputation avec son EP « Daydream » en 2017. Nous avons emboîté le pas du baroudeur à travers le désert australien.

Après avoir fait ses armes chez Dealer de Musique, Clem Beatz a récemment rejoint l’écurie Sans Huile de Palme (Hyume, Chopsoe, Meyze) pour dévoiler son nouveau single « Nova ». Dans l’attente de son prochain EP, le producteur varois affûte sa recette entre la musicalité d’un Flume, l’énergie dansante de 20syl, et les influences world de Fakear. Le déclic a été provoqué chez l’artiste au cours d’un trip en Australie, car si l’on peut invoquer ces références pour parler de son talent, Clem Beatz reste un explorateur sonore inspiré par les découvertes terrestres.

Un road-trip à l’image de ses beats : planant et introspectif

Les tracks de Clem Beatz donnent un relief saisissant à ses voyages. Avec ses EP « Daydream » et « Wabi Sabi », l’artiste a saisi l’immensité des possibles de l’Australie et la sérénité lumineuse du Japon pour les transformer en succès populaires et artistiques. Au rythme de sa chillwave mâtinée de hip-hop et d’électro, le producteur nous partage son carnet de voyages : un road-trip sur la côte est, les ambiances de Melbourne, et les évasions nocturnes de Section 8. Quel meilleur ambassadeur pour découvrir l’Australie ?

Marin : Hello Clément. De quelle manière ce voyage en Australie a influencé ton process de création ?

Clem Beatz : Je crois que cette sensation de « commencer une nouvelle vie » dans un pays étranger m’a vraiment inspiré. J’étais à l’autre bout du monde quasiment un an et je l’ai vécu comme une remise à zéro. J’ai adopté un nouveau rythme de vie en travaillant et en composant à des heures complètement différentes de celles que j’avais en France.

J’ai aussi fait un road-trip de deux mois sur toute la Côte Est australienne, ce qui implique de vivre dans un van pendant toute cette période. Je n’avais vraiment pas cette impression de me FORCER à commencer un nouveau morceau, comme ça peut être le cas en France encore aujourd’hui. Je me levais quasiment chaque matin dans un endroit différent, avec des paysages, des atmosphères et des rencontres toutes aussi folles les unes que les autres.

Tout cette période m’a permis de m’intéresser à de nouvelles cultures musicales. J’étais hyper relax et j’ai pris le temps d’écouter des choses vraiment différentes.

Marin : Des lieux t’ont particulièrement marqué ?

Clem Beatz : Pour être honnête, je n’ai pas l’impression qu’il y ait un lieu en particulier qui m’ait inspiré plus qu’un autre. C’est le fait que tout soit nouveau à des milliers de kilomètres de chez moi qui m’a donné un élan d’inspiration.

Mais pour donner quelques exemples, je dirais que Melbourne est une ville particulièrement inspirante. Il y a une énergie incroyable qui se dégage de cette ville : les musiciens de rue, l’architecture, l’activité, la gentillesse des gens, le côté relax…

Noosa m’a aussi vraiment inspiré. C’est une ville typiquement australienne avec les surfeurs, loin du bordel que peuvent engendrer les grandes villes. Au beau milieu d’une immense forêt dans un genre de « free camping », j’ai rencontré une famille intéressante sur la route. Le couple, tous deux enseignants, avait retiré ses trois enfants de l’école pour faire le tour du pays pendant un an. Ils voyageaient dans une grande caravane, c’était assez impressionnant de voir qu’ils avaient « osé » accomplir leur rêve et que tout se déroulait au mieux pour eux. Les enfants étaient très éveillés pour leur âge, ils savaient beaucoup de choses et jouaient tous d’un instrument. C’est une rencontre qui m’a particulièrement marqué et qui m’a confirmé que le voyage, même chez soi, dans son propre pays, est indispensable.

Marin : Quel spot nous conseillerais-tu pour sortir ?

Clem Beatz : Si j’avais un seul lieu à citer, ce serait le Section 8 à Melbourne (dans le CBD), un bar perdu dans une petite ruelle du centre-ville. C’était pas très grand mais il y avait toujours une ambiance folle !

J’y ai rencontré des artistes incroyables avec qui j’échange toujours aujourd’hui. J’y ai vu des concerts de musique espagnole, des concerts de rap, une soirée hommage à Jay Dilla ou des DJ’s plus électro. Un bar qui avait une énergie à l’image de la ville finalement.

Merci infiniment Clément pour ces superbes réponses pleines d’enthousiasme et d’énergie. Vous pouvez retrouver Clem Beatz sur Facebook et Instagram.