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Antoine Maillard, du comics au dessin de presse

Au fil des pages de papier, Antoine Maillard glisse son crayonné. Ses illustrations sont publiées dans Télérama, Le Parisien, et le New York Times, qui lui ont fait confiance à peine diplômé des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Antoine Maillard a un style bien à lui. En favorisant la lisibilité de l’action dans une ambiance atmosphérique, le spectateur a la sensation de marcher sur un nuage tout en discernant chacun de ses cotons. Influencé par Edward Hopper, Felix Valloton, David Lynch, Greg Crewdson, Antoine est attaché aux artistes qui travaillent la lumière, dans la tradition des vieux films noirs ou de l’expressionnisme allemand. 

Dans ses comics, le quotidien est mis en relief avec un sens du détail confondant. Il cherche l’inspiration dans l’agitation de la ville, en se posant en terrasse de café pour écouter les conversations de ses voisins de table, en bouquinant dans les librairies et en se perdant dans les allées de musée.

Son équilibre, il le trouve en alternant illustrations personnelles et commandes pour de prestigieuses publications. En travaillant sur trois projets en simultané, il combat l’épuisement créatif en ne s’éternisant sur aucun d’entre eux. Surtout, il essaie de distinguer le loisir du professionnel en se fixant des horaires… Difficiles à respecter lorsque l’on crée depuis sa chambre à coucher, et que son “job” est une passion qui vous tient au corps.

Inscrit dans la génération des “bedroom-producers”, Antoine soigne sa promotion en ligne, indispensable à la démocratisation de son art et aux nouvelles connexions. À chaque nouvelle publication sur son blog, il ne peut cependant s’empêcher de penser : “Si je n’avais pas Internet comme un outil de communication massive, est-ce que je ferais l’effort de mettre ces dessins sur un mur, dans un livre ou un fanzine ?“. Si le web permet à un jeune strasbourgeois d’entrer en contact avec le Times, le talent à lui seul explique l’origine du succès.