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L’interview Instagram d’Amoure, la pop française made in Strasbourg

Strasbourg est le premier single d’un nouvel album du trio annoncé pour cet automne. On est allé prendre la température des pétillants alsaciens grâce à notre interview Instagram. Rencontre dans les locaux de Barclay.

Du rock à la pop, de la scène indie au prestigieux label Barclay, Amoure multiplie les grands écarts en tentant de conserver leur fraîcheur originelle. Après deux premiers EPs plébiscités par le public, Amoure en 2016 et Vague en 2018, le groupe formé lors d’un road-trip cannois nous emmène en vacances mélodiques. Leur reprise d’Étienne Daho Week-end à Rome reste l’une des meilleures covers de la bête sacrée avec leur spontanéité solaire caractéristique. Si l’on en parle, c’est aussi que le clip d’Henri Gander pose les bases de leur identité visuelle : une scénographie de triangles lumineux, une passion pour les fruits exotiques, et des interprétations pétillantes.

De Paris à Strasbourg sur l’autoroute de la pop

La sortie du single Strasbourg, dont ils sont originaires, est synonyme de mue pour le trio. Sur le morceau, ils défendent les couleurs de leur ville tout en s’amusant des clichés véhiculés sur l’Alsace. Les joyeux lurons ont publié un micro-trottoir sur Instagram où ils interrogent les parisiens sur leur connaissance de la capitale alsacienne. Puis de passage chez Konbini, ils confient leur passion inénarrable pour le FC Strasbourg. Si les enjeux ne sont plus les mêmes, leur trajectoire continue avec les collaborateurs de toujours, Henri Gander à la réalisation et Emma Birski pour les shootings. Alors que le GPS annonce un virage à l’est, l’avenir s’emballe sur les chapeaux de roue pour Amoure.

Marin : Hello Amoure. Sur votre premier post Instagram, vous êtes tous les trois allongés côte à côte sur un parquet. Sous les confettis, c’est qui Amoure ?

Nicolas : Je chante, j’écris et je joue de la basse (en bas).

Julien : Je suis le batteur (à gauche).

Thibault : Et je suis le guitariste (à droite).

Ces trois hashtags #zouk #indie #tropical représentent bien votre identité musicale ?

Nicolas : C’était au tout début. Nous voulions affirmer une identité très tranchée car le public nous connaissait pour nos groupes de rock. Et je pense que les gens n’étaient pas prêts pour le hashtag #zouk, les confettis, et notre air un peu poseur (rires).

Pareil, nous avons voulu marquer le coup en écrivant « Bonjour Amoure ». C’est le matin, il y a un côté très soleil, une nouvelle aventure commence. Le shooting était très spontané, on a fait la photo sur le parquet d’un pote.

Pour votre premier titre « Plage », vous étiez partis tourner un clip à Cannes. C’est frais, ensoleillé, plein d’énergie. Quel regard portez-vous sur ce titre maintenant ?

Nicolas : Nous le jouons toujours en live car nous avons beaucoup d’affection pour ce titre qui nous a réuni. À la base, les images du clip sont celles de notre rencontre au cours d’un road trip dans le sud. On avait quitté Strasbourg où il faisait moche pour rejoindre Cannes.

C’est notre premier titre et notre premier clip. Le côté ensoleillé a défini notre identité sur les deux premiers EPs que nous avions décliné avec les titres « Sable » et « Vague ». Maintenant, on creuse d’autres thématiques.

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⚽️ © Rod Maurice @lamedeson #ricardsalivemusic

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Vous vous mettez en scène à Strasbourg sur de nombreuses photos. Vous affirmez une identité régionale par la pop ?

Thibault : Pour l’anecdote, c’était la finale du prix Ricard Live et on devait faire une session quelque part. Nous avons réussi à avoir le Stade de la Meinau, c’est un événement marquant dont a découlé la sortie récente du single « Strasbourg ». Comme le disait Nicolas, nous avons cherché le soleil, et nous l’avons trouvé sur les deux premiers EPs. Maintenant nous avons besoin de raconter d’où l’on vient.

Nicolas : C’est notre vision de Strasbourg qui est plus jeune, plus moderne. Si on avait quelque chose à dire à propos de Strasbourg, ce serait le Racing, les bars, la nuit. C’est une vision loin des clichés.

Votre premier EP a été très bien accueilli par les professionnels (relais presse, Prix Ricard Live, playlists Spotify) comme par le public. C’est à partir de ce moment où les choses ont commencé à devenir sérieuses ?

Nicolas : Nous avions cinq chansons qui découlaient essentiellement de riffs de guitare non-utilisés par Thibault dans ses anciens groupes. Ces frustrations nous ont permises de créer Amoure, c’était notre projet vacances.

J’avais des textes en français que j’avais envie de sortir, couchés de manière très brute. Tout est très brut dans cet EP, c’est des vraies prises, une vraie batterie. Avec le recul ce n’est peut-être pas le mieux produit, mais c’est le plus sincère.

Thibault : J’en retiens surtout la réception de nos proches qui était extrêmement positive.

Nicolas : Là où avant nous avions des projets plus radicaux, cet EP parlait à plus de monde, notre famille, nos potes.

Depuis le début, vous avez une scéno’ composée de petits triangles lumineux. D’où vous tenez cette idée de set-up live ?

Thibault : Ça fait complètement écho aux triangles de la pochette de l’EP : l’idée était de le reproduire sur scène. Nous avons bossé ensemble avec un pote calé en menuiserie, en achetant la matière première puis en passant une bonne journée dessus. Tout est do it yourself.

Nicolas : C’est marrant, parce que nous sommes en train de penser à la nouvelle scéno pour l’album. Nous allons peut-être devoir les changer, ou en tout cas les repenser.

Toujours question visuel, vous aimez les couleurs pop, les ballons de baudruche, et les citrons qui tombent du ciel. Comment s’est passée votre collab avec la photographe Emma Birski ?

Nicolas : J’ai vu quelques photos qu’elle avait fait et son identité collait trop : très pop, spontané, pétillant. Nous avons bossé une fois ensemble, et au final on a remis le couvert pour le visuel de « Strasbourg » (NDLR : Le shooting d’Emma Birski).

Thibault : C’est parti d’un délire que Nicolas a eu avec Emma : « Et si on se jetait des citrons dessus ? ». C’est ce qui rend les photos si réussies, à la base son esprit est le même que le notre.

Sur votre EP « Vague », vous avez établi une identité complémentaire avec trois titres originaux et une reprise de « Week-end à Rome » d’Étienne Daho. Comment s’est construit cette logique d’EP ?

Julien : C’est génial que tu l’aies perçu comme ça, parce que pour nous la cover de « Week-end à Rome » était séparée des autres titres.

Nicolas : Nous voulions regrouper les titres que nous avions sorti sur un EP commun. Pour « Week-end à Rome », tout vient de la création du groupe où on trippait beaucoup sur le morceau. Pour nous, c’est dans le top 3 des chansons de vacances… Ce morceau nous tient vraiment à cœur.

Thibault : On a très rapidement bossé avec le réalisateur Henri Gander qui a également clippé « Strasbourg ».

Dans votre nouveau clip « Strasbourg », vous mêlez une histoire d’amour et une vision moderne de votre ville. L’ambition était justement de s’amuser avec les clichés ?

Nicolas : Nous voulions débuter le clip en mettant tous les clichés : les danseurs traditionnels, la tarte flambée. C’était essentiel pour nous de bosser avec un réal de Strasbourg et pas d’ailleurs (NDLR : Henri Gander), parce qu’il était le plus à même de cerner les enjeux. Nous ne voulions pas que ce soit revendicatif ou communautaire.

Julien : Et puis il y a des passages qui plaisent aux alsaciens, le coup de la tarte flambée sur le vinyle, c’est décalé sans qu’il n’y ait aucune moquerie.

Nicolas : C’est des évidences pour les gens, donc autant les affirmer. Par contre, nous voulions qu’elle se réveille à la fin en ayant un petit aperçu de la nuit strasbourgeoise.

Et la relation entre Paris et Strasbourg ?

Nicolas : L’actrice qui joue dans le clip est parisienne (NDLR : Léa Villani), ça découle du titre qui parle d’une histoire d’amour entre une parisienne et un strasbourgeois. Je voulais l’opposer de manière tendre et légère à la sauce Shakespeare, en reprenant l’image de Roméo et Juliette.

Thibault : Nous voulions parler de ce que l’on est prêt à faire par amour, quitter tout pour aller s’implanter ailleurs. Quand on ne connaît rien, ça peut faire peur.

Si vous receviez un texto du futur, qu’est-ce qu’on pourrait vous souhaiter ?

Thibault : Déchirer tout dans un Zénith et avoir des retours positifs sur l’album qui arrive.

Nicolas : Moi ça me va (rires).

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