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Les meilleurs albums de la semaine avec Mac Miller, Nelick, Jean Tonique…

Notre rendez-vous hebdomadaire réunit la crème des sorties musicales. Au programme de ce dimanche : l’album posthume de Mac Miller, la troisième mixtape de Nelick, la french touch dansante de Yuma Guma et Jean Tonique. On termine notre tour d’horizon avec nos deux coups de cœur de la semaine : les talentueux newcomers Pâle Regard et McBaise.

Mac Miller – Circles (LP)
Notre morceau préféré : « I Can See »

Un album posthume pour sécher nos larmes. Un BPM adouci pour nous cueillir tendrement. Un chant éraillé pour cribler notre cœur. À ceux qui attendaient un disque rap, Malcolm McCormick surprend par ses effluves versatiles morceau après morceau, de l’electro breaké de Blue World, la mélancolie dépouillée de Good News, l’intemporel piano batterie d’Everybody à la boucle entraînante de Hands. Suite directe de son précédent opus Swimming, les deux albums mis bout à bout écrivent un message révélé par sa famille : « Swimming in Circles ». Impossible de ne pas entendre sur le morceau I Can See un appel à l’aide avant la noyade : « Well, I need somebody to save me / Before I drive myself crazy ». Mac Miller est mort d’une surdose d’alcool et de drogue en septembre 2018 à l’âge de 26 ans.

Nelick – Piu Piu (Mixtape)
Notre morceau préféré : « Safari »

Sous la vidéo Youtube du single Safari, le commentaire d’un certain Chris résume bien la situation : « Si quelqu’un peut me rappeler la dernière fois que Nelick nous a déçu ? ». Après ses deux opus Kiwibunnytape et Dieu Sauve Kiwibunny, le rappeur enfile le costume du machiavélique confiseur Piu-Piu, parodie sapée d’un dealer de quartier. Son projet : asservir Bonbonville grâce à un bonbon qui rend heureux. Produit par Sam Tiba, son ultime mixtape porte à son paroxysme ses délires de post-ado en sonnant juste et frappant fort. Une léchée d’autotune, des gazouilles acides et un crew solide (King Doudou et Emma Birski à l’image), la boucle est bouclée pour Nelick qu’on attend désormais du côté de l’album.

Yuma Guma – Yuma Guma #2 (EP)
Notre morceau préféré : « Move Along »

Coucou, la French Touch old-school te manque ? Yuma Guma remonte jusqu’aux nineties avec l’art et la manière. On retrouve les bons vieux vocoders des Daft Punk sur Delusion, la vibe house du label Roulé avec Astrolab et une pop song vintage avec Move Along. À manger à tous les rateliers, Yuma Guma pourraient s’y casser les dents. C’est au contraire une épiphanie originelle qui nous donne envie de filer fissa en club. Pas bête la bête : les frères de studio sont Révélation Live à Calvi On The Rocks, se sont acoquinés avec Cerrone pour remixer son morceau African Voodoo, et écument la nuit parisienne de longue date. On t’informera de leur prochain live.

Jean Tonique – Scrambled Eggs (EP)
Notre morceau préféré : « Dance »

Au cours de son interview pour ton mag’ préféré, Yuksek annonçait que la compilation More Or Less Disco donnerait la tendance des futures sorties de son label Partyfine. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour en voir la couleur. Voilà que Jean Tonique dégaine un trois titres furieusement dansant dans la continuité de son mini-album Sunny Side Up. Il a les cheveux décolorés et le sourire du soleil : la personnalité du frenchy et son EP irradient les quelques mois maussades qu’il nous reste avant l’été.

McBaise – Raviolo (EP)
Notre morceau préféré : « She’s A Big Boy »

20H36 au Pop-Up du Label. Les têtes dodelinent à la release party de McBaise. Un chuchotement se glisse entre deux riffs : « À la base McBeth c’est pas un personnage de série ? ».  Illustrateur, batteur, saxophoniste, percussionniste, jazzeux, rockeur et canois, McBaise n’est toujours pas acteur. On a bien vérifié. Il faudrait peut-être songer à vendre un concept à Netflix. Pitch : Un garçon du sud de la France s’ennuie dans l’ambiance post-apo des longues journées d’hiver. Mac deMarco lui apparaît dans un rêve déguisé en plagiste. Il lui révèle qu’un EP brûlant comme l’été fera revenir les touristes. Ainsi naîtra l’EP Raviolo porté par les influences états-uniennes. De l’été à la VOD, tout est une question de saison.

Pâle Regard – Terrain Vague (EP)
Notre morceau préféré : « Bus de Nuit »

Certains disent que leur musique est dream pop, d’autres lo-fi, parfois junk pop. À tous les rêveurs qui nous lisent, Pâle Regard charrie une infinité d’influences dans un courant d’air mélodique, tantôt chaud et réconfortant, tantôt frais et mélancolique, soufflé à mi-chemin entre le son originel d’Air et la classe ténue de Limousine. Le groupe offre une pop chantée en français pour son second EP Terrain Vague, aussi précis que son titre annonce un laisser-aller, jamais clinquant dans son obstination sensible. C’est une brise tempérée qui nous parcoure l’échine, la même qui nous agite les cheveux par la vitre ouverte d’un bus de nuit, celle-là qui nous caresse face au soleil couchant. Pâle Regard échappe aux étiquettes… Alors laisse-toi porter.

BONUS : Fils Cara nous parle prochainement de son EP « Volume » dans une interview à paraître.