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Les 3 Éléphants a embrasé Laval pour sa 22ème édition

Du 22 au 26 mai, le festival a fait carton plein avec 36.000 festivaliers réunis dans le centre de Laval. Un week-end de folie sous le signe du gros son, des arts circassiens, et de la bonne humeur. On te raconte.

Jeanne Added, Étienne de Crécy, Caballero & JeanJass, Thylacine, Clara Luciani, Flavien Berger, Columbine… Impossible de rester de marbre face au line-up éléphantesque de la programmatrice Perrine Delteil. Alignant têtes d’affiche et artistes émergents, les 3 Éléphants réussit le pari du kiff intergénérationnel : ados en pogo devant Columbine, grand-mères s’enjaillant face à Étienne de Crécy, et familles à poussette pour les arts de rue.

Question cadre, le festival se met bien. À l’ombre des murailles et des façades à colombage de Laval, le centre médiéval s’anime de circassiens venus en nombre. Pendant cinq jours, un line-up d’acrobates, d’humoristes et de musiciens se donnent rendez-vous dans une ébullition festive. Un peu comme si la teuf avait soudainement pris toute la ville. Notre coup de cœur va au coin chill, merveilleusement calé dans les anciennes douves du château. Tu vois arriver le piège à sieste ?

Ça a de la gueule, non ?

Vendredi, les fins gourmets ont pu apprécier la pop décalée de Flavien Berger, ponctuant ses interludes de questionnement philosophique sur le jazz. D’un fun à l’autre, l’enchaînement avec le show des incroyaux Caballero et JeanJass s’est fait naturellement. Mention spéciale à leur DJ calé dans une vieille voiture coupée en deux. La soirée se termine dans le dur avec les bangers du « Space Echo Live » d’Étienne de Crécy, présenté auparavant à la Philharmonie de Paris, et la techno atomique des férus de bécane modulaire Atoem. Une fusion des sens et des corps.

Samedi, on a remis le couvert pour une belle dose d’amour. Jeanne Added s’est imposée comme la valeur sûre du festival dans une performance puissante, maîtrisée et sensible. La boss, tout simplement. Deux découvertes inattendues se sont invitées à la table des réjouissances : le post-punk électro du duo Nova Materia (écoute, c’est cool), et la cold-wave cyber des parisiennes d’Oktober Lieber (écoute, c’est très cool). La soirée s’est terminée avec la scéno balèze de Thylacine, impérial au milieu des images de son périple en Argentine. Un live étudié et précis qui a fait trembler l’Arène et son public.

Columbine ont tout emporté

Si les festivaliers pouvaient décerner une palme du fuego, elle reviendrait sans conteste à Columbine. Le groupe rennais a tout cassé au milieu des hurlements de groupies maquillés à leurs couleurs. Beaucoup de fan attitude, beaucoup d’énergie, peut-être même un peu trop. Oui, la fosse nous a rappelé qu’on commençait à se faire vieux. On s’est logiquement repliés devant le défilé improbable des Gérards, le collectif aux stickers loufoques.

Bande de potes devenue ambianceurs professionnels, ils ont commencé à poser leurs stands ici et là en festival, avant de prendre les platines pour déposer des tracklists façon mariage des années 80. Avec leurs armes de dérision massive, les joyeux lurons ont illuminé notre fin de festival et prévoient de sortir prochainement leur bière – on pose l’exclu tranquillement. Espérons que le déménagement des 3 Éléphants annoncé depuis plusieurs années ne vienne jamais casser la magie d’un festival irremplaçable. La Mayenne, ça vous gagne.

Texte par Marin Woisard
Photos par Thomas Daeffler (Instagram / Site Internet)