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3 raisons d’aller voir « 1917 » de Sam Mendes

Tourné en un plan-séquence, la réalisation de Sam Mendes nous plonge dans un drame historique au cœur des tranchées. Auréolé de dix nominations aux Oscars, on revient en 3 facts sur l’œuvre immersive du réalisateur british.

Si Sam Mendes est connu pour ses deux blockbusters de la licence James Bond, du virtuose Skyfall au décevant Spectre, il ne faut pas oublier que le british affiche un sacré pedigree d’auteur. Venu du théâtre, notre rétine de cinéphile a surtout été marquée par ses œuvres sensibles et intimistes American Beauty, Away We Go ou Les Noces Rebelles. Parmi l’un des derniers nababs à lever de gros budgets sans être une méga-star comme Quentin Tarantino, Universal a précipité fin 2019 la sortie de 1917 aux USA pour entrer dans la course aux Oscars. Pour son producteur, jouer le game des statuettes dorées s’impose quand le budget caracole dans les 90 millions de dollars. Pour son réalisateur, c’est l’occasion de renouer avec la reconnaissance de la profession après avoir raflé l’Oscar en 2000 pour American Beauty. Mais pour nous, quelles sont les raisons de filer voir 1917 en salles ?

La petite histoire dans la Grande Guerre

Soit l’histoire de deux soldats anglais pris dans la tourmente de la 1ère Guerre Mondiale, Schofield (George McKay) et Blake (Dean Charles Chapman). Leur mission : porter un message à un officier qui pourrait empêcher la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake. Seul bémol, la course contre la montre a lieu derrière les lignes ennemies. En se concentrant sur ces trajectoires fictives au milieu de l’enfer de la guerre, Sam Mendes évite de tomber dans l’excès des batailles grandioses et se concentre sur l’intime, les peurs et les angoisses des soldats. Avec un parti pris fort : les allemands tapis dans l’ombre représentent une menace sourde dont on ne voit pas le visage. Pas de crainte à avoir pour autant, t’en auras pour ton argent. Le réalisateur nous offre son lot de séquences mémorables, comme l’arrivée dans les tranchées ou lorsqu’un village en ruines s’illumine sous les explosions des combats. Fidèle à sa réputation de conteur, Sam Mendes n’est pas qu’un entertainer.

Du plan-séquence en veux-tu, en voilà

C’est l’un des arguments marketings phare du film : 1917 a été tourné en un plan-séquence. Qu’en est-il vraiment ? Débarrassé de tous les artifices de montage, Sam Mendes nous entraîne dans une course haletante sur le front, maintenant une tension permanente dans les tranchées et favorisant l’immersion aux côtés de ses deux personnages principaux. Comme Birdman d’Alejandro González Iñárritu, il s’agit bien sûr d’un ensemble de plans-séquences mis bout à bout… De la manière la plus invisible qui soit. En tant que cinéphile rôdé à l’exercice de style, on s’amuse à chercher les coutures qui lient ces « continuous shots » comme on les appelle aux États-Unis, le plus long faisant 8 minutes 30. Mais on reconnaît que malgré l’enchaînement des événements, l’action garde une visibilité et surtout se met au service de la narration. C’est donc autant un spectacle ludique qu’un vrai parti pris de mise en scène.

Un film tourné en hommage à son grand-père

Quitte à nous bluffer techniquement, Sam Mendes veut nous convaincre historiquement. Parce qu’aucun scenario ne le satisfaisait, le réal’ s’est attelé à l’écriture pour la première fois d’un de ses films. L’inspiration vient du parcours de son grand-père, Alfred, enrôlé en 1915 avant de servir pendant deux ans pour la 1st Rifle Brigade en Flandre. Son autobiographie raconte que ses histoires de guerre gardaient ses « […] petits et arrières-petits-enfants captivés pour des nuits entières » . Si le parcours des deux personnages de 1917 suit quant à lui des événements fictifs, le film gagne en réalisme historique par la fibre familiale. Prenant moins de libertés que Stanley Kubrick dans Les Sentiers de la Gloire, le réalisateur s’est appuyé sur ses chefs costumiers Jacqueline Durran et David Crossman et son chef décorateur Dennis Gassner pour reconstituer la Grande Guerre à partir d’images d’archives et de multiples témoignages… Mais c’est bien à son grand-père qu’il rend hommage à travers un carton de fin émouvant.

1917

De Sam Mendes
Avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Andrew Scott

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